Résumé
Strategie Paneuropéenne de la Diversité Biologique et
Paysagère |
La Stratégie paneuropéenne de la diversité
biologique et paysagère constitue une démarche originale et volontariste
visant à enrayer et à inverser la tendance à la dégradation des valeurs
inhérentes à la diversité biologique et paysagère en Europe. Originale,
parce qu'elle aborde l'ensemble des initiatives en matière de protection
de la diversité biologique et paysagère dans une perspective véritablement
européenne. Volontariste, parce qu'elle encourage la prise en compte de
la diversité biologique et paysagère dans certains secteurs économiques
et sociaux. La Stratégie contribue à renforcer l'application des mesures
existantes et définit d'autres actions qui devront être entreprises au
cours des deux prochaines décennies. Elle offre par ailleurs un cadre
propice à l'adoption d'une démarche cohérente et à la poursuite d'objectifs
communs dans le cadre des actions régionales et nationales de mise en
oeuvre de la Convention sur la diversité biologique.
Pourquoi cette Stratégie?
Les changements politiques et sociaux que l'Europe a connus
récemment constituent autant d'occasions uniques d'agir en faveur de la
conservation de la diversité biologique et paysagère. La préservation
du patrimoine naturel européen et sa transmission aux générations futures
est une responsabilité qui incombe à tous les pays d'Europe. A l'échelle
du continent tout entier, les pratiques agricoles évoluent, des terrains
fins militaires et agricoles se libèrent, qui peuvent être mis au service
de la préservation de la nature et la coopération internationale se renforce
dans tous les domaines; enfin, le public est de plus en plus conscient
et inquiet des différents problèmes que pose la diversité biologique et
paysagère. Ces considérations ont conduit le Conseil de l'Europe, avec
le concours d'autres organisations nationales et internationales, tant
gouvernementales que non gouvernementales, à prendre l'initiative de faire
de la préservation de la diversité biologique et paysagère une responsabilité
commune et partagée.
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De nombreuses initiatives ont été entreprises
et le sont encore pour enrayer la détérioration continue de l'environnement
naturel. Ces projets seront d'autant plus efficaces lorsque :
- les initiatives en question porteront
sur l'ensemble de l'Europe;
- la diversité biologique et paysagère
sera correctement prise en compte dans tous les secteurs économiques
et sociaux concernés;
- la conservation des paysages sera
correctement prise en compte dans les principales initiatives
en matière de biodiversité;
- les principes de subsidiarité, de
partenariat et de participation seront pris en compte;
- les initiatives tireront parti de
tous les mécanismes disponibles, afin de modifier la façon dont
la société "pense et fonctionne" lorsqu'il s'agit de diversité
biologique et paysagère : les marchés nationaux et internationaux,
la politique commerciale, les fonds multilatéraux ou bilatéraux,
la politique fiscale et financière, la participation du public
et sa sensibilisation;
- tous les principaux acteurs dans
les secteurs économiques, les propriétaires fonciers, les autorités
et le grand public seront associés au processus;
- les mêmes principes stratégiques
seront mis en oeuvre pour atteindre les objectifs fixés, ce qui
favorisera peut-être une synergie
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Cadre stratégique
La Stratégie paneuropéenne de la diversité biologique et
paysagère constitue une réponse européenne visant à favoriser l'application
de la Convention sur la diversité biologique. Elle fait suite à la Déclaration
de Maastricht, "Conserver le patrimoine naturel de l'Europe" (1993) et
s'appuie sur la
Convention de Berne, la Stratégie européenne de conservation (1990),
les conférences ministérielles de Dobris et de Lucerne (1991 et 1993),
la CNUED (1992), ainsi que sur d'autres initiatives et programmes existants.
La Stratégie met en place un cadre de coordination
et d'unification qui doit permettre le renforcement et l'extension des
initiatives existantes. Elle a pour but, non pas d'introduire des nouvelles
législations, mais de combler les lacunes dans les domaines où les différents
instruments existants ne sont pas mis en oeuvre au maximum de leurs possibilités
ou ne répondent pas aux objectifs poursuivis. La Stratégie vise en outre
à favoriser une meilleure prise en compte des considérations liées à l'environnement
dans tous les secteurs économiques et sociaux concernés et à faire en
sorte que le public soit davantage sensibilisé aux intérêts de la conservation,
qu'il les accepte et qu'il participe à leur défense. Fondée sur les constatations
de l'Evaluation de Dob iš - L'environnement de l'Europe, la Stratégie
passe en revue les points forts et les faiblesses des initiatives existantes,
et encourage l'adoption de mesures concrètes dans les cas où il n'existe
pas d'instruments appropriés ou lorsque les mécanismes existants ne sont
pas mis en oeuvre au maximum de leurs possibilités.
Principes stratégiques
La Stratégie est fondée sur la mise en oeuvre de 10 principes
dans tous les secteurs usant de ressources naturelles afin de parvenir
à l'objectif de la conservation et de l'utilisation durable de la diversité
biologique et paysagère : la rigueur dans la prise de décisions, l'évitement,
la précaution, la délocalisation, la compensation écologique, l'intégrité
écologique, le rétablissement et la (re-constitution, la meilleure technologie
disponible et la meilleure pratique en matière d'environnement, le pollueur-payeur
et, enfin, la participation du public et son accès à l'information.
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Buts et objectifs de la Stratégie
:
Buts
- Réduire sensiblement ou, si possible,
éliminer complètement, les menaces qui pèsent actuellement sur
la diversité biologique et paysagère de l'Europe.
- Consolider la diversité biologique
et paysagère de l'Europe.
- Renforcer la cohérence écologique
de l'Europe dans son ensemble.
- Assurer la pleine participation
du public à la conservation des différents aspects de la diversité
biologique et paysagère.
Objectifs
- Conserver, améliorer et réhabiliter
les principaux écosystèmes, habitats, espèces ou caractéristiques
du paysage par la mise en place et par la gestion efficace d'un
réseau écologique paneuropéen.
- Assurer une gestion durable de la
diversité biologique et paysagère en tirant le meilleur parti
des possibilités qui se présenteront sur le plan social et économique,
au niveau national ou régional.
- Intégrer les objectifs en matière
de conservation et d'utilisation durable de la diversité biologique
et paysagère dans tous les secteurs socio-économiques appelés
à gérer cette diversité ou dont les activités ont sur elle une
quelconque incidence.
- Améliorer les informations disponibles
sur les différents aspects de la diversité biologique et paysagère
et sensibiliser la population et les décideurs à ce problème;
renforcer la participation du public aux actions destinées à préserver
et à enrichir cette diversité.
- Mieux faire comprendre l'état de
la diversité biologique et paysagère en Europe et les processus
qui contribuent à la rendre durable.
- Assurer des moyens financiers pour
la mise en oeuvre de la Stratégie.
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Cadre opérationnel
Le fondement juridique de la mise en oeuvre des actions
au titre de la Stratégie se trouve dans un certain nombre d'accords et
de traités internationaux largement acceptés comme la Convention sur la
diversité biologique, la Convention de Berne (dont il est dit, dans la
Déclaration de Monaco qu'elle doit constituer le principal instrument
de l'application en Europe de la Convention sur la diversité biologique),
les Conventions de Bonn et de Ramsar et les Directives de l'UE sur les
habitats et sur les oiseaux.
Priorités d'action
Au cours des 20 prochaines années, la Stratégie visera
à favoriser la prise en compte des considérations relatives à la diversité
biologique et paysagère dans tous les secteurs économiques et sociaux,
en particulier l'agriculture, la sylviculture, la chasse et la pêche,
la gestion de l'eau, l'énergie et l'industrie, le transport, le tourisme
et les loisirs, les politiques structurelles et régionales, l'aménagement
du territoire et la défense.
Acteurs à mobiliser
Les principaux acteurs qui seront associés à la mise en
oeuvre de la Stratégie seront les autorités nationales, les donateurs
bilatéraux, les organisations internationales et les institutions financières,
les organisations et associations actives dans les secteurs économiques
et l'entreprise privée, le monde de la recherche, les organisations ayant
un rôle d'information, les propriétaires fonciers publics et privés, les
ONG, le public (mouvements locaux et groupements de particuliers) et les
populations locales et autochtones des régions d'Europe.
Structure des Plans d'action
Lors de la mise en oeuvre des actions, on pourrait diviser
la Stratégie en Plans d'action quinquennaux, pour constituer le cadre
d'une réponse commune de l'Europe à la Convention sur la diversité biologique,
en particulier par le biais des Stratégies nationales en matière de biodiversité.
Ces Plans d'action définissent les actions principales à mettre en oeuvre
pour atteindre chacune des séries d'objectifs quinquennaux. Dans la mesure
où les projets sont ainsi rattachés aux initiatives et programmes existants,
il est possible de mettre sur pied un éventail de projets cohérents, qui
s'inscrit dans le cadre de la Stratégie.
Plan d'action sur la diversité biologique
et paysagère 1996-2000
Introduction
Les objectifs que le premier Plan d'action quinquennal
se fixe explicitement consistent à remédier à la détérioration de l'état
des systèmes biologiques et paysagers les plus importants et d'en renforcer
la cohérence. Au cours de cette période, il s'agira plus particulièrement
d'intégrer les priorités paneuropéennes aux politiques et initiatives
nationales découlant des stratégies, des programmes et des plans nationaux
en matière de protection de la biodiversité que chaque gouvernement aura
mis en place dans le cadre de l'application de la Convention sur la diversité
biologique.
Le Plan d'action doit stimuler la constitution
de réseaux écologiques nationaux et la mise en place d'un Réseau écologique
paneuropéen. En outre, il doit également promouvoir, dans toutes les régions
d'Europe, une utilisation durable des ressources économiques que recèlent
les environnements naturels. Il convient enfin de tirer le meilleur parti
possible des occasions exceptionnelles susceptibles de se présenter dans
le cadre de l'évolution sociale, politique et économique actuelle de l'Europe,
que ce soit au niveau national ou international. Le Plan d'action 1996-2000
comprendra 11 domaines d'action : 4 portant sur des questions d'importance
paneuropéenne, 6 portant sur des paysages et écosystèmes prioritaires
et 1 action en faveur des espèces menacées. Le classement par ordre de
priorité de ces questions relatives aux paysages, aux écosystèmes et aux
espèces pour la période 1996-2000 est fondé sur une analyse de l'Evaluation
de Dob iš - L'environnement de l'Europe et sur l'initiative Parks for
life: Action Plan for Protected Areas in Europe de l'UICN. Au cours de
la période 1996-2000, le Conseil de l'Europe devra constituer une Task
Force paneuropéenne chargée de lancer et de guider le processus de Stratégie.
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Domaines d'action
0 Elaboration paneuropéenne du processus de la Stratégie.
1 Constitution du Réseau écologique paneuropéen.
2 Prise en compte de considérations relatives à la diversité biologique
et paysagère dans les secteurs concernés.
3 Sensibilisation des décideurs et du public et obtention de leur
appui.
4 Conservation des paysages.
5 Les écosystèmes côtiers et marins.
6 Les écosystèmes des cours d'eau européens.
7 Les écosystèmes des zones humides intérieures.
8 Les écosystèmes des prairies.
9 Les écosystèmes forestiers.
10 Les écosystèmes de montagne
11 Action en faveur des espèces menacées.
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Un Plan d'action axé sur les secteurs
concernés
Les actions entreprises devront être ciblées sur la prise
en compte de la diversité biologique et paysagère dans les principaux
secteurs ayant une incidence sur l'environnement naturel, et plus particulièrement
sur l'agriculture et l'économie rurale, dans la mesure où il s'agit, dans
toute l'Europe, du secteur ayant l'interaction la plus directe avec la
diversité biologique et paysagère. En outre, c'est l'évolution actuelle
des politiques et des pratiques agricoles qui offre le plus grand nombre
de possibilités au chapitre de la réalisation des objectifs d'ensemble
de la Stratégie.
Actions et projets
Sur la base des objectifs de la Stratégie, une série d'actions
a été définie dans le Plan d'action 1996-2000. Ces actions peuvent s'inscrire
soit dans le cadre des plans nationaux d'action en faveur de la biodiversité,
soit des programmes de travail existants des organisations internationales,
des pouvoirs publics, des secteurs économiques ou des ONG. A ce titre,
elles peuvent faire l'objet de projets et être menées à bien en tant qu'activités
séparées, individuelles ou autonomes, tout en contribuant à la réalisation
des objectifs du Plan d'action 1996-2000. Le classement par ordre de priorité
des domaines du Plan d'action résulte, en autres critères, des solutions
et options proposées dans l'Evaluation de Dob iš et dans le document de
l'UICN, Parks for life.
Révision et évaluation de la Stratégie
La procédure d'examen périodique est divisée en 4 parties.
Elle devra se dérouler sous la coordination du Conseil de l'Europe, qui
rendra compte des progrès accomplis à l'occasion des conférences ministérielles
"Un environnement pour l'Europe et, en 1996, constituera sous ses auspices
une Task Force paneuropéenne sur la diversité biologique et paysagère.
Cette Task Force devra être composée de représentants des pays membres
du Conseil de l'Europe, d'autres pays européens, d'organisations internationales
dont l'Union Européenne, les émanations des Nations Unies comme le PNUD,
la CEE/ONU, le PNUE, l'UNESCO, la FAO, de la Banque mondiale, de donateurs
et d'ONG internationales. Par l'intermédiaire de ce groupe, les parties
et les acteurs devront assurer une communication et un dialogue suffisants
dans leurs domaines de compétence respectifs en ce qui concerne les actions
engagées au titre de la Stratégie. Le processus de révision pourra se
dérouler dans les locaux du Conseil de l'Europe et comporter des réunions
régulières des gouvernements parties à la Stratégie, auxquelles d'autres
acteurs pourraient également être associés.
LE PLAN D'ACTION 1996-2000
Thèmes d'actions
- 0 Elaboration paneuropéenne du processus
de la Stratégie
- 0.1 Constituer une Task Force paneuropéenne
de coordination des actions entreprises au titre de la Stratégie.
- 0.2 Contribuer à la mise en place de Stratégies
nationales pour la biodiversité dans tous les pays d'Europe d'ici l'an
2000.
- 0.3 Tirer les leçons de la Directive de
l'UE sur les Habitats et de la Convention de Berne.
- 1 Constitution du Réseau écologique
paneuropéen
- 1.1 Elaborer un programme de développement
du Réseau écologique paneuropéen.
- 1.2 Préparer la première phase d'un programme
de mise en oeuvre.
- 1.3 Encourager la constitution de réseaux
écologiques nationaux.
- 1.4 Sensibiliser à l'existence du Réseau
écologique paneuropéen.
- 2 Prise en compte de considérations
relatives à la diversité biologique et paysagère dans les secteurs concernés
- 2.1 Inviter tous secteurs à présenter
leur propre plan en faveur de la biodiversité dans les délais convenus.
- 2.2 Encourager la constitution de "sanctuaires"
écologiques dans les milieux agricoles.
- 2.3 Faire en sorte que les mécanismes
de financement fassent l'objet d'une utilisation judicieuse.
- 2.4 Veiller à ce que les processus de
privatisation soient assortis de mécanismes de conservation.
- 3 Sensibilisation des décideurs et
du grand public et obtention de leur soutien
- 3.1 Développer une large conscience européenne
et des campagnes de soutien.
- 3.2 Donner au grand public de plus grandes
possibilités.
- 3.3 Donner des moyens d'agir et mettre
en place des services d'information.
- 4 Conservation des paysages
- 4.1 Constituer un guide de référence exhaustif
sur la diversité biologique et paysagère européenne
- 4.2 Dresser une liste de lignes directrices
relatives aux politiques, aux programmes et aux législations complémentaires
les unes des autres et se renforçant mutuellement, de nature à assurer
la protection du patrimoine culturel, du patrimoine géologique et de
la diversité biologique
- 4.3 Elaborer un code de conduite afin
que les propriétaires publics ou privés contribuent, eux aussi, à faire
comprendre le rôle de la biodiversité des paysages traditionnellement
appréciés et gérés pour leur importance historique et culturelle.
- 4.4 Dresser un plan d'action en utilisant
des techniques de sensibilisation, des lignes directrices et des modèles
de démonstration pour sauvegarder les caractéristiques géologiques du
paysage; donner aux propriétaires et aux secteurs de l'energie, de l'industrie
et de la gestion de l'eau la possibilité de prendre une part active
à leur conservation.
- 4.5 Etudier en profondeur les relations
qui existent entre paysage traditionnel et économie régionale.
- 5 Les écosystèmes côtiers et marins
- 5.1 Elaborer et mettre en oeuvre un réseau
écologique européen côtier et marin.
- 5.2 Mettre au point une gestion intégrée
des zones littorales dans le cadre de l'exploitation des ressources
terrestres et marines, en vue de disposer d'un système unique et intégré,
fondé sur les impératifs de la conservation.
- 5.3 Elaborer un code de conduite spécial
comportant des recommandations claires et des règles de bonnes pratiques
pour les autorités côtières, les aménageurs, les ingénieurs et autres
groupes.
- 5.4 Donner priorité à la conservation
des systèmes côtiers et marins jouant un rôle majeur dans la préservation
de la biodiversité dans les régions d'Europe du Nord, de l'Atlantique,
du Boréal, de la Baltique et de la Méditerranée.
- 5.5 Renforcer, créer et maintenir des
aires de conservation prioritaires pour les habitats essentiels à la
reproduction des phoques-moines et des tortues dans la Méditerranée
orientale.
- 5.6 Dresser un plan d'action pour la conservation
des herbiers à algues en Méditerranée.
- 5.7 Promouvoir des politiques de tourisme
côtier, axées sur l'amélioration de la qualité des stations existantes
plutôt que sur l'aménagement de nouveaux complexes autour de la Méditerranée
et de la mer Noire.
- 5.8 Evaluer les méthodes de nature à renforcer
la prise en compte des valeurs liées à la préservation de la biodiversité
et du paysage dans le cadre des modèles intégrés, axés sur une mise
en valeur concentrée et compacte, plutôt que linéaire, du front de mer.
Concentrer les efforts sur les campagnes autour de la Méditerranée,
de la mer Noire et de la mer Baltique.
- 5.9 Etablir des actions en vue du contrôle
et de l'élimination d'espèces exotiques nuisibles dans la Méditerranée
et la mer Noire.
- 5.10 Soutenir un plan d'action pour la
conservation de la mer Caspienne.
- 6 Les écosystèmes des cours d'eau et
leurs zones humides
- 6.1 Elaborer un programme international
pour la création et l'entretien d'aires de conservation et la réalisation
de plans de gestion intégrée le long des cours d'eau et de leurs plaines
d'inondation en vue de stimuler la végétation riveraine et leur fonction
de couloir écologique.
- 6.2 Mener des campagnes de sensibilisation
et promouvoir la conservation de paysages riverains gérés de manière
traditionnelle pour stimuler le tourisme et l'économie régionale.
- 6.3 Mettre sur pied des programmes de
conservation de quelques grands cours d'eau, naturels et semi-naturels,
dans lesquels subsistent encore des éléments bien naturels en Europe.
- 6.4 Mettre sur pied et encourager des
programmes de réintroduction des espèces et de réhabilitation des habitats
dans les régions atlantique et baltique.
- 6.5 Repérer et protéger toutes les forêts
fluviales et autres habitats menacés de la région atlantique et promouvoir
l'adoption de mécanismes de protection adéquats.
- 6.6 Elaborer un plan d'action pour promouvoir
la recherche de solutions de rechange aux grands réservoirs de stockage
d'eau et aux barrages de dérivation des cours d'eau dans la Méditerranée,
qui ne soient pas susceptibles de contribuer à la dégradation des paysages.
- 6.7 Organiser des campagnes de sensibilisation
sur les cours d'eau les moins pollués de Scandinavie et de la CEE.
- 7 Les écosystèmes des zones humides
intérieures
- 7.1 Préparer des lignes directrices pour
promouvoir l'adoption de politiques de remise en état et de réhabilitation
des systèmes de zones humides endommagés par des mises en valeur antérieures
afin de contribuer à la constitution de réseaux écologiques et à leur
existence.
- 7.2 Elaborer un Code de conduite pour
faire en sorte que les objectifs de conservation soient incorporés à
toutes les politiques ayant une incidence sur les zones humides grâce
au concept d'"usage judicieux" (Convention de Ramsar).
- 7.3 Mettre sur pied un programme d'intégration
du concept d'usage judicieux des zones humides dans les politiques européennes
et nationales.
- 7.4 Encourager l'élaboration de programmes
régionaux et nationaux de gestion hydrologique des bassins versants.
- 7.5 Elaborer des plans d'action pour la
conservation des zones humides menacées, jouant un rôle important dans
la préservation des régions biogéographiques, particulièrement les régions
de l'Atlantique, de la Baltique et de la Méditerranée ainsi que l'Europe
du Nord et de l'Est.
- 7.6 Evaluer l'importance des tourbières,
particulièrement l'extraction et le commerce de la tourbe.
- 8 Les écosystèmes des prairies
- 8.1 Encourager l'élaboration de plans
d'action en faveur des prairies naturelles et semi-naturelles, en particulier
ceux qui revêtent une importance paneuropéenne.
- 8.2 Elaborer des programmes de gestion
agricoles s'appuyant sur des mesures concrètes au niveau local, national
et international.
- 8.3 Accorder une attention particulière
aux exigences en matière de collecte de données de surveillance concernant
les zones de prairies et les zones agricoles.
- 8.4 Dresser un ordre de priorité en ce
qui concerne la conservation des prairies caractérisées par une grande
diversité biologique et paysagère dans différents types d'habitats herbeux,
ainsi que dans différentes régions biogéographiques (1996-1999), en
mettant plus particulièrement l'accent sur les régions alpines.
- 8.5 Demander l'élaboration d'une vision
et d'un plan d'action communs à l'ensemble de l'UE pour les prairies
semi-naturelles qui prennent en compte les politiques sociales, agricoles
et en matière de développement régional et d'environnement.
- 8.6 Elaborer des mesures concrètes en
vue de l'application de dispositifs efficaces d'entretien des prairies
faisant l'objet d'une gestion extensive, comportant notamment le recours
à des incitations fiscales et à des initiatives et processus comparables
à ceux utilisés dans les Zones Ecologiquement Sensibles.
- 8.7 Envisager les méthodes qui permettraient
l'application de "compatibilité réciproque" dans le cadre de la réforme
de la PAC pour permettre la prise en compte des valeurs inhérentes à
la diversité biologique et paysagère.
- 8.8 Elaborer des mécanismes permettant
la participation publique et privée aux programmes de privatisation
des zones agricoles dans la CEE.
- 9 Les écosystèmes forestiers
- 9.1 Assurer la conservation des zones
susceptibles de permettre la préservation de tous les types de forêts
en Europe, en particulier les forêts alluviales, vierges, anciennes
et fluviales en tenant compte des peuples autotochtones et locaux.
- 9.2 Conserver les habitats forestiers
des espèces ayant besoin de grands écosystèmes forestiers tranquilles,
comme les espèces menacées retenues par la Convention de Berne, les
Directives sur les habitats et les oiseaux et la CEE/ONU.
- 9.3 Concevoir et promouvoir un plan d'action
pour la prise en compte des considérations relatives à la biodiversité,
au paysage et à la constitution de réseaux écologiques dans la gestion
forestière et l'utilisation des produits forestiers renouvelables.
- 9.4 Entreprendre des études sur l'adaptation
des systèmes de gestion des forêts européennes en vue d'optimiser l'adaptation
aux changements climatiques, d'assurer la santé et les multiples fonctions
des forêts et d'optimiser la séquestration et le stockage du carbone.
- 9.5 Lancer des études sur la réforme et
l'adaptation des systèmes européens de gestion forestière.
- 9.6 Constituer un réseau efficace d'aires
protégées afin de préserver les forêts boréales septentrionales.
- 9.7 Consolider la gestion et la protection
durables des forêts viables de formation ancienne dans les régions méditerranéennes.
- 9.8 Elaborer et lancer des programmes
de réhabilitation et de régénération des forêts segmentées ayant une
valeur intrinsèque dans les régions de la CEE et atlantique.
- 9.9 Elaborer un programme destiné à évaluer
et à définir les actions à mettre en oeuvre pour permettre une gestion
durable des forêts dans la CEE pendant le processus de privatisations.
- 9.10 Mettre en place un mécanisme susceptible
d'assurer une collaboration plus étroite avec les populations autotochtones
et indigènes en vue d'une gestion des forêts efficace et compatible
avec l'environnement et d'une utilisation durable de la diversité biologique,
culturelle et économique dans les régions arctique, boréale et dans
la CEE.
- 10 Les écosystèmes de montagnes
- 10.1 Elaborer un Code de conduite pour
la conservation de la diversité biologique et paysagère en montagne,
en fixant comme priorité le recours à l'instrument du Réseau écologique
paneuropéen entre les pays.
- 10.2 Mettre en place des programmes-modèles
de boisement qui soient fondés sur des objectifs et des programmes compatibles
avec l'environnement.
- 10.3 Entreprendre des actions pour évaluer
et revoir l'option qui consisterait à restructurer les subventions accordées
à l'agriculture de montagne, dans un sens qui contribuerait à soutenir
le développement rural plutôt que d'essayer d'obtenir des taux de productivité
plus élevé.
- 10.4 Mettre sur pied une campagne d'information
à l'intention de la classe politique et des aménageurs pour les informer
des différents aspects du problème des établissements humains dans les
régions montagneuses.
- 10.5 Encourager l'adoption volontaire
de "saisons ou de zones sans ski, ni alpinisme" et faire respecter les
interdictions d'escalade sur les falaises extrêmement importantes pour
la diversité biologique et paysagère.
- 10.6 Examiner l'application éventuelle
de mécanismes visant à protéger les régions de l'Arctique et des Alpes,
ainsi que des Balkans et du Caucase, en prenant pour modèle l'expérience
de la Convention Alpine.
- 10.7 Entreprendre des initiatives pour
créer de nouvelles zones montagneuses transfrontières protégées et renforcer
la gestion des zones existantes, surtout dans les régions de la CEE.
- 10.8 Elaborer des lignes directrices sur
la façon de promouvoir l'agriculture peu intensive par le biais d'accords
de gestion conclus en vertu des règlements de l'UE sur les méthodes
de production agricoles compatibles avec les exigences de protection
de l'environnement.
- 10.9 Entreprendre des études pour évaluer
et passer en revue les options possibles en ce qui concerne la mise
en place d'accords de gestion du type de ceux des ZEC dans la CEE par
les mécanismes de soutien du FEM.
- 10.10 Etablir des principes de conservation
des écosystèmes montagneux pour la région de Tian Sian.
- 11 Action en faveur des espèces menacées
- 11.1 Elaborer des plans d'action pour
la protection de toutes les espèces menacées au niveau paneuropéen,
plus particulièrement axés sur les espèces bénéficiant d'un capital
de sympathie ou, au contraire, mal-aimées, sur les espèces revêtant
un certain intérêt culturel et les espèces ayant un intérêt sur le plan
économique.
- 11.2 Mobiliser les efforts des uns et
des autres, y compris en faisant appel aux connaissances des jardins
zoologiques et botaniques dans toute l'Europe pour mettre en place des
programmes de conservation, de réintroduction et de rétablissement d'espèces
in situ et ex situ.
- 11.3 Dresser une liste paneuropéenne des
espèces menacées et des espèces protégées en passant en revue et en
évaluant les listes figurant dans les traités, les conventions et les
programmes existants.
- 11.4 Promouvoir les campagnes de sensibilisation
du public axées sur les espèces-vedettes qui mettent en lumière la problématique
de la protection des espèces menacées.
- 11.5 Inciter les pays à élaborer et à
mettre en oeuvre des plans d'action régionaux de protection des espèces
menacées.
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