| Stratégie
Paneuropéenne de la Diversité Biologique et Paysagère |
Cette Stratégie constitue
une démarche originale et volontariste visant à enrayer et à inverser la
tendance à la dégradation des valeurs inhérentes à la diversité biologique
et paysagère en Europe. Originale, parce qu'elle aborde l'ensemble des initiatives
en matière de protection de la diversité biologique et paysagères dans un
contexte véritablement européen. Volontariste, parce qu'elle encourage la
prise en compte de la diversité biologique et paysagère dans un certain
nombre de secteurs économiques et sociaux.
La Stratégie contribue
à renforcer l'application des mesures existantes et définit d'autres actions
qui devront être entreprises au cours des 2 prochaines décennies. Elle
offre par ailleurs un cadre propice à l'adoption d'une démarche cohérente
et à la poursuite d'objectifs communs en ce qui a trait aux actions régionales
et nationales relatives à la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité
biologique (CBD).
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La Stratégie paneuropéenne de la
diversité biologique et paysagère est fondée sur les concepts suivants
en matière de diversité biologique et paysagère :
Diversité biologique :
variabilité des organismes vivants de toute origine,
y compris les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes
aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela
comprend la diversité au sein des espèces et entre elles, ainsi que
celle des écosystèmes (Article 2 de la Convention sur la diversité
biologique).
Diversité du Paysage :
expression officiellement utilisée pour désigner
les nombreuses relations existant au cours d'une période donnée
entre un individu ou une société et un territoire défini d'un point
de vue topographique, dont l'aspect résulte de l'action, au fil
du temps, de facteurs naturels et humains et d'une combinaison des
deux (Projet de Recommandation du Conseil de l'Europe sur la conservation
intégrée des éléments du paysage culturel dans le cadre des politiques
paysagères).
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CHAPITRE 1 VUE D'ENSEMBLE
1.1 Introduction
La diversité biologique et paysagère de l'Europe
est l'une de nos plus grandes richesses. C'est un patrimoine qui nous
a été transmis au fil des millénaires et qui est lié à d'autres systèmes
naturels à travers le monde. Il nous incombe à tous de transmettre aux
générations futures le système varié et durable que représente ce patrimoine.
Cependant, la diversité naturelle de l'Europe est en train de s'éroder
à un rythme rapide et constant. Dans tout le continent, des habitats précieux
et caractéristiques subissent de graves dommages, ce qui conduit à une
diminution de la diversité, ainsi que du nombre et de l'étendue d'une
grande variété d'habitants, d'espèces ou de paysages.
Les paysages traditionnels créés par l'homme,
ainsi que les habitats naturels et semi-naturels d'importance européenne,
tels que les zones côtières ou maritimes, les zones humides, les forêts,
les régions de montagne et les prairies, sont menacés, tout comme de nombreuses
espèces sauvages végétales et animales. Les problèmes les plus manifestes
concernent l'évolution des modes d'occupation des sols et la diminution
de la superficie de multiples habitats naturels et semi-naturels, avec
pour conséquence le morcellement de ces habitats.
1.2 Justification
La sauvegarde du patrimoine naturel de l'Europe
a déjà fait l'objet de nombreuses initiatives d'envergure. Mais les efforts
du secteur public, des organizations non gouvernementales et des particuliers
ne sont pas parvenus à empêcher la diversité biologique et paysagère de
l'Europe de s'appauvrir à grande vitesse. En analysant les faiblesses
et les lacunes des initiatives et des mécanismes actuels en matière de
conservation de la nature, on s'aperçoit que tous ces instruments seront
plus utiles et plus efficaces lorsque :
- l'on aura mis sur pied un cadre cohérent
pour centraliser et mobiliser toutes les initiatives existantes et faire
en sorte qu'elles tendent toutes vers un même but : la conservation
de la diversité biologique et paysagère dans toute l'Europe;
- l'on aura reconnu, abordé ou réglé les
principaux facteurs contribuant à la détérioration de la diversité biologique
et paysagère.
Voir aux Annexes 1a-1b-1c la liste complète
des mécanismes existants, avec une analyse détaillée de chacun d'entre
eux.
Les changements politiques et sociaux, que
l'Europe a connus récemment, constituent autant d'occasions uniques d'agir
en faveur de la conservation de la diversité biologique et paysagère.
A l'échelle du continent tout entier, on assiste à une évolution des pratiques
agricoles; des terrains jusqu'ici utilisés à des fins militaires, industrielles
et agricoles se libèrent et peuvent être mis au service de la préservation
de la nature; la coopération internationale se renforce dans tous les
domaines; enfin, le public est de plus en plus conscient et inquiet des
différents problèmes que pose la diversité biologique et paysagère.
Pour conclure, on s'accorde à reconnaître,
dans un contexte européen, que :
- la préservation du patrimoine naturel
de l'Europe est indispensable si l'on veut pouvoir assurer un développement
durable sur le continent;
- la préservation du patrimoine naturel
européen est une responsabilité qui incombe à tous les pays et régions
d'Europe et une tâche qui ne peut réussir que si elle est entreprise
dans un contexte véritablement paneuropéen;
- une coopération paneuropéenne permettrait
de renforcer l'efficacité des actions nationales menées au titre de
la Convention sur la diversité biologique;
- le problème de la diversité paysagère
n'a pas encore été correctement abordé dans les mécanismes visant à
protéger et à améliorer l'environnement naturel;
- l'attitude du public, sa sensibilisation
et sa compréhension des problèmes de conservation sont d'excellents
outils à mettre au service de la préservation de la diversité biologique
et paysagère;
- les transformations d'envergure que l'Europe
a connues au cours des dix dernières années dans les domaines politique
et économique exigent que l'on apporte des réponses nouvelles à des
défis nouveaux en matière d'occupation des sols et d'exploitation des
ressources naturelles;
- une gestion durable de l'environnement
naturel et de la ressource économique qu'il constitue est une condition
préalable à la poursuite du développement économique et social de l'Europe
et au maintien de sa prospérité;
- les menaces qui pèsent sur la diversité
biologique et paysagère de l'Europe appellent d'urgence des mesures
qui intègrent et renforcent les initiatives nationales et internationales;
- dans la mesure où le déclin de l'environnement
naturel de l'Europe est dû aux actions économiques et sociales de l'homme,
la prise en compte des impératifs de conservation dans les politiques
socio-économiques est une condition préalable au rétablissement et au
maintien de la diversité biologique et paysagère;
- en favorisant les initiatives locales
en faveur d'un développement durable et en associant au processus tous
les occupants des sols, un nouvel équilibre pourra être trouvé dans
les zones rurales entre la dynamique sociale et économique d'une part,
et la stabilité écologique, d'autre part.
Ces considérations ont conduit le Conseil
de l'Europe - avec le concours d'autres organizations nationales et internationales,
gouvernementales ou non gouvernementales - à prendre l'initiative de mettre
au point la Stratégie paneuropéenne de la diversité biologique et paysagère.
1.3 La Stratégie
La Stratégie paneuropéenne de la diversité
biologique et paysagère constitue une réponse européenne visant à favoriser
l'application de la Convention sur la diversité biologique. Elle fait
suite à la Déclaration de Maastricht ("Préserver le patrimoine naturel
de l'Europe") (1993) et s'appuie sur la
Convention de Berne, la Stratégie européenne de conservation (1990),
les conférences ministérielles de Dobris et de Lucerne (1991 et 1993),
la CNUED (1992), ainsi que sur d'autres initiatives et programmes existants.
La Stratégie a pour but de renforcer la mise en oeuvre de la Convention
de Berne dans l'optique de la Convention sur la diversité biologique,
conformément aux recommandations de la Déclaration de Monaco.
La Stratégie met en place un cadre de coordination
et d'unification qui doit permettre le renforcement et l'extension des
initiatives et des programmes existants. Elle a pour but, non pas d'introduire
des programmes ou des réglementations supplémentaires, mais de combler
les lacunes dans les domaines où les différents instruments existants
ne sont pas mis en oeuvre au maximum de leurs possibilités ou ne répondent
pas aux objectifs poursuivis. La Stratégie vise en outre à favoriser une
meilleure prise en compte des considérations liées à l'environnement dans
tous les secteurs économiques et sociaux concernés et à faire en sorte
que le public soit sensibilisé aux intérêts de la conservation, qu'il
les accepte et qu'il participe à leur défense.
1.4 Une vision pour l'avenir de la diversité biologique
et paysagère paneuropéenne
L'objectif à long terme de la Stratégie consiste
à préserver la diversité biologique et paysagère et à en assurer une utilisation
durable sur l'ensemble du continent européen et de ses régions, et ce
dans un délai de vingt ans. Il s'agira notamment de veiller :
- à réduire sensiblement les menaces qui
pèsent actuellement sur la diversité biologique et paysagère de l'Europe;
- à consolider la diversité biologique et
paysagère de l'Europe;
- à renforcer la cohérence écologique de
l'Europe dans son ensemble;
- àssurer la pleine participation du public
à la conservation des différents aspects de la diversité biologique
et paysagère.
Si l'on veut que ces objectifs puissent être
atteints d'ici 20 ans, il convient que la Stratégie fasse en sorte que:
- l'on tire pleinement parti des mécanismes
juridiques, administratifs et socio-économiques existant au niveau international,
national, régional et local;
- les actions soient menées au niveau approprié
: paneuropéen, régional, national ou local, selon le cas;
- les pratiques en matière de gestion contribuent
à améliorer et à consolider la diversité biologique et paysagère;
- des moyens scientifiques, techniques et
financiers suffisants soient dégagés;
- des mesures appropriées soient prises
pour surveiller la mise en oeuvre de la Stratégie;
- l'on mette l'accent sur les mesures ou
les activités ayant des applications ou des résultats sur une grande
échelle.
Compte tenu de la nécessité d'aborder sans
tarder certains problèmes pressants, la Stratégie devra être mise en oeuvre
dans le cadre d'une série de Plans d'actions quinquennaux. Ces Plans d'action
traitent des questions considérées comme étant les plus urgentes et les
plus importantes. Il s'agira de tirer le meilleur parti des occasions
qui se présenteront au cours des 20 prochaines années, en abordant en
priorité les problèmes qui doivent faire l'objet d'un traitement au niveau
européen et les écosystèmes, les paysages, les espèces et les régions
qui méritent une attention prioritaire.
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"Un Environnement pour l'Europe"
: L'Evaluation de Dobris
La Conférence ministérielle paneuropéenne
qui s'est tenue en juin 1991 au château de Dobris (ex-Tchécoslovaquie)
a demandé qu'un rapport soit établi sur l'état de l'environnement
européen. Ce rapport est l'un des principaux éléments de base du
Programme "Un environnement pour l'Europe". La première partie traite
du contexte du rapport et des techniques utilisées pour son élaboration.
La deuxième partie évalue l'état de l'environnement dans 8 domaines
différents. La troisième partie passe en revue les pressions qui
s'exercent sur l'environnement, tandis que la quatrième s'attache
à décrire l'origine de ces diverses pressions par rapport à 8 secteurs
économiques. Enfin, la cinquième partie évoque sommairement 12 grands
problèmes qui se posent à l'environnement en Europe.
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L'état de la diversité biologique
et paysagère en Europe
Les paysages européens sont caractérisés
par une grande richesse, tant du point de vue naturel que culturel.
Les écosystèmes de l'Europe comprennent une grande diversité d'habitats,
ainsi qu'une flore et une faune abondantes. Au cours des quelques
dernières décennies, on a assisté cependant à un appauvrissement
rapide de cette diversité biologique et paysagère.
Six pour cent du territoire européen
fait l'objet de mesures de protection paysagère, mais ces dispositifs
sont généralement peu contraignants du point de vue juridique. Les
paysages et les sites géologiques d'Europe, comme les systèmes dunaires,
les ruisseaux, les eskers, les drumlins et les tourbières, sont
en train de disparaître à jamais.
Alors qu'il fut un temps où les forêts
recouvraient entre 80 et 90 % du territoire, elles n'en représentent
plus aujourd'hui que 33 %. Les sites caractérisés par la présence
de cours d'eau naturels sont petits et menacés. Les mécanismes de
protection sont insuffisants. Les prairies sont concentrées autour
du Sud-Est de la Méditerranée et de la Plaine d'Europe centrale.
Un grand nombre de sites d'Europe centrale et occidentale sont morcelés
et de petites dimensions. Les zones humides intérieures comme les
tourbières, les marécages et les marais ont largement disparu. L'Espagne
a perdu plus de 60 % de ces habitats. Seuls 3 % des hautes tourbières
sont protégés dans 18 pays d'Europe. Les écosystèmes côtiers et
marins sont, eux aussi, touchés : 70 % des sites représentatifs
du Sud-Est de la Méditerranée sont soumis à des pressions et à des
menaces extérieures; la Méditerranée occidentale a perdu plus de
75 % de ses dunes côtières depuis 1900; enfin, la mer des Wadden
a perdu plus de 33 % de ses marais salants au cours des 50 dernières
années.
Un grand nombre d'espèces animales
et végétales, au même titre que leur diversité génétique, sont en
train de diminuer ou sont menacées d'extinction : 53 % des espèces
de poissons sont menacées, 45 % des espèces de serpents, 40 % des
mammifères, 40 % des oiseaux et 21 % des 12 500 espèces végétales
supérieures d'Europe sont actuellement en péril.
Le rapport de Dobris fait état de plusieurs
autres facteurs qui sont responsables de la détérioration des paysages
et de l'environnement naturel au niveau paneuropéen. L'agriculture
traditionnelle a cédé la place à une agriculture intensive, un processus
favorisé par le versement de subventions et qui a eu des répercussions
considérables sur le paysage rural. L'importance donnée, dans la
gestion des forêts, aux objectifs économiques à court terme, a contribué
au déclin de la biodiversité forestière. Les politiques menées dans
les secteurs de l'industrie, du transport et de la production d'énergie
ont des effets directs et néfastes sur le littoral, sur les principaux
cours d'eau (construction de barrages et creusement de canaux) et
sur les paysages de montagnes (grands axes routiers). Le tourisme
de masse nuit aux montagnes et aux côtes. D'une façon générale,
les connaissances du public et de la classe politique en matière
d'environnement naturel et leur intérêt pour la question sont encore
insuffisants.
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CHAPITRE 2 LA STRATEGIE POUR 1996-2016
2.1 Objectif de la Stratégie
La Stratégie a pour but d'encourager une
mise en oeuvre plus concertée et, par conséquent, plus efficace des politiques,
des initiatives, des mécanismes, des fonds, des programmes de recherche
scientifique et des informations existants afin de préserver et d'améliorer
la diversité biologique et paysagère en Europe.
Le principal défi qui se pose à la Stratégie
paneuropéenne de la diversité biologique et paysagère consiste à encourager
la conservation et une utilisation durable de l'environnement naturel.
L'exploitation de l'environnement naturel
est la principale cause de l'appauvrissement de la diversité biologique
et paysagère. Nous allons continuer d'utiliser le potentiel économique
de l'environnement dans l'avenir, et nos efforts de conservation n'auront
de succès que si l'on tient compte de tous les facteurs socio-économiques
pertinents.
En se fondant sur les conclusions de l'Evaluation
de Dobris, la Stratégie passe en revue les points forts et les faiblesses
des initiatives existantes et encourage l'adoption de mesures pratiques
et concrètes dans les cas où il n'existe pas encore d'instruments idoines,
ou lorsque les mécanismes existants ne sont pas mis en oeuvre au maximum
de leurs possibilités.
2.2 Buts et objectifs paneuropéens
L'objectif à long terme de la Stratégie consiste
à préserver la diversité biologique et paysagère sur l'ensemble du continent
européen et de ses territoires, et ce dans un délai de vingt ans. Plus
particulièrement, il s'agira d'atteindre les objectifs suivants :
- Réduire sensiblement les menaces qui pèsent
actuellement sur la diversité biologique et paysagère de l'Europe;
- Consolider la diversité biologique et
paysagère de l'Europe;
- Renforcer la cohérence écologique de l'Europe
dans son ensemble;
- Assurer la pleine participation du public
à la conservation des différents aspects de la diversité biologique
et paysagère.
Au cours de cette période, la Stratégie se
fixe les objectifs suivants :
- Conserver, améliorer et réhabiliter les
principaux écosystèmes, habitats, espèces ou caractéristiques du paysage
par la mise en place et par la gestion efficace du Réseau écologique
paneuropéen;
- Assurer une gestion durable de la diversité
biologique et paysagère en tirant le meilleur parti des possibilités
qui se présenteront sur le plan social et économique, au niveau national
ou régional;
- Intégrer les objectifs en matière de conservation
et d'utilisation durable de la diversité biologique et paysagère dans
tous les secteurs socio-économiques appelés à gérer cette diversité
ou dont les activités ont sur elle une quelconque incidence;
- Améliorer les informations disponibles
sur les différents aspects de la diversité biologique et paysagère et
sensibiliser la population et les décideurs à ce problème; renforcer
la participation du public aux actions destinées à préserver et à enrichir
cette diversité;
- Mieux faire comprendre l'état de la diversité
biologique et paysagère en Europe et les processus qui contribuent à
la rendre durable.
- Assurer les moyens financiers adéquats
pour mettre en oeuvre la Stratégie.
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Une vision commune pour l'Europe
Au bout des 5 premières années de la
mise en oeuvre de la Stratégie, tous les pays d'Europe devront disposer
de stratégies et de plans d'actions nationaux en matière de protection
de la biodiversité dans le cadre de l'application de la Convention
sur la biodiversité biologique. Au cours des années suivantes, des
plans d'action et des réseaux écologiques nationaux devront être
constitués dans le cadre du Réseau écologique européen. D'ici 2005,
un Réseau écologique paneuropéen devra avoir été créé, au sein duquel
les espèces animales et végétales pourront migrer librement.
D'ici 20 ans, la Stratégie veut parvenir
à l'objectif de la conservation intégrale de la diversité biologique
et paysagère, en assurant, entre autres choses, la sauvegarde des
derniers fleuves, zones humides et rivages sauvages, ainsi que celle
des dernières forêts d'Europe encore vierges. Il conviendra de faire
en sorte que le public soit pleinement sensibilisé à la nécessité
de préserver le patrimoine naturel de l'Europe et déterminé à contribuer
à la réalisation de cet objectif. Enfin, il faudra assurer une protection
suffisante aux éléments géologiques et culturels de l'identité paysagère.
En outre, les considérations relatives
à la diversité biologique et paysagère devront être prises en compte,
dans toute la mesure du possible, dans les secteurs économiques
et sociaux pertinents. En particulier, les secteurs de l'agriculture,
de la mer, de la pêche, de la sylviculture, et du tourisme devront
placer la préservation de la diversité biologique et paysagère au
coeur de leur activité et contribuer activement à la protection
et à la valorisation de la nature et des paysages.
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2.3 Les actions prioritaires
La Stratégie pourra être mise en oeuvre dans
tous les pays d'Europe, et les mesures paneuropéennes devront concerner
autant de régions culturelles et politiques que possible. Il conviendra
de tenir compte, dans l'application de la Stratégie, de la diversité culturelle,
de l'identité régionale et de l'économie locale des secteurs concernés
et de tirer le meilleur parti possible des possibilités offertes par les
variations culturelles régionales en vue de maintenir et de valoriser
la diversité biologique et paysagère.
Le Rapport Dobris sur l'état de l'environnement
découpe l'Europe en 7 régions géographiques (boréale, baltique, centrale,
atlantique, orientale, alpine et méditerranéenne), essentiellement en
fonction de facteurs biogéographiques tels que le climat, le sol et la
végétation. Les mesures de mise en oeuvre de la Stratégie pourront être
prises dans toutes ces régions, mais il conviendra d'accorder une attention
toute particulière aux écosystèmes, aux paysages terrestres et marins
et aux espèces d'importance paneuropéenne :
- Ecosystèmes : écosystèmes côtiers et marins,
fleuves, zones humides intérieures, prairies, forêts et montagnes;
- Paysages terrestres et marins : toundra,
taïga, collines, bocages, campagnes, steppes et paysages arides, paysages
appartenant au patrimoine culturel.
- Espèces : Espèces-vedettes, espèces et
populations menacées et en voie d'extinction en Europe ou dans ses régions.
Dans le cadre des Plans d'action quinquennaux
successifs, les écosystèmes, les paysages et les espèces feront l'objet
d'un classement par ordre de priorité, afin que l'on puisse remédier aux
menaces les plus urgentes, ou profiter pleinement des occasions qui se
présenteront.
La Convention sur la diversité biologique
(Articles 6b, 7c, 10a, 10b et 14) et le 5ème Programme d'action pour l'environnement
de l'Union Européenne donnent la liste des secteurs clés dont l'activité
a une incidence sur l'environnement naturel : l'agriculture, la sylviculture,
la pêche, l'énergie, l'industrie, le transport et le tourisme. Les mesures
de mise en oeuvre de la Stratégie devront être axées en priorité sur ces
secteurs, ainsi que sur les politiques structurelles et régionales, la
gestion des eaux ainsi que l'aménagement rural et urbain et sur l'aménagement
du territoire.
Au cours des 20 prochaines années, la Stratégie
devra chercher à renforcer la prise en compte des considérations relatives
à la diversité biologique et paysagère dans tous les secteurs économiques
et sociaux pertinents :
Agriculture :
reconnaître le rôle essentiel de l'agriculture dans la gestion des paysages
et des habitats semi-naturels ainsi que pour la préservation de la diversité
biologique et insister sur l'importance de ce rôle dans la prise de décisions;
encourager une gestion judicieuse des terres agricoles, notamment par
les méthodes organiques et, le cas échéant, une réduction aussi importante
que possible de l'utilisation d'engrais et de pesticides.
Energie et industrie : Intégrer les
considérations écologiques aux politiques d'ordre général dans ce domaine
et aux choix en matière de localisation géographique des activités industrielles,
afin que les politiques industrielles et énergétiques contribuent, dans
toute la mesure du possible, à la préservation de la diversité biologique
et paysagère, notamment par une réduction des émissions de substances
dangereuses.
Sylviculture : Mieux intégrer les
principes stratégiques à la gestion des forêts, ce qui aura pour effet
de promouvoir les espèces arboricoles indigènes, réserver des zones de
forêts que l'on laissera se développer au naturel, harmoniser les politiques
de boisement avec les politiques paysagères et de conservation de la nature
et promouvoir une utilisation judicieuse d'engrais et de pesticides, le
cas échéant.
Chasse et pêche : Intégrer les objectifs
de préservation de la diversité biologique et des paysages marins ou terrestres
aux politiques de la chasse et de la pêche, de manière à ce que l'on puisse
concilier ces deux dernières activités avec la conservation de la nature,
tout en tenant compte de la nécessité de préserver le caractère durable
des ressources, de minimiser les prises accessoires dans le cas de la
pêche et les répercussions néfastes de la pêche et de la chasse sur les
communautés benthiques et sauvages.
Politiques régionales et structurelles
: Faire en sorte que les politiques relatives à la conservation de
la diversité biologique et paysagère soient complémentaires des politiques
structurelles et régionales, en ce qui concerne notamment l'économie rurale
et l'agriculture extensive, pour que l'on puisse passer d'un développement
subventionné à un développement durable;
Tourisme et loisirs : Intégrer les
considérations relatives à la conservation de la nature et à la préservation
des paysages aux politiques en matière de tourisme et de loisirs et faire
en sorte que ces secteurs d'activités oeuvrent à la protection de l'environnement;
renforcer l'intérêt économique des modes d'utilisation des sols respectueux
de l'environnement; protéger la diversité biologique et paysagère.
Transports : Intégrer les considérations
en matière de préservation de la diversité biologique et paysagère aux
politiques des transports et de l'aménagement d'infrastructures, pour
éviter le plus possible les zones de grande valeur; éviter ou limiter
les effets néfastes de l'aménagement d'infrastructures et des transports
sur les paysages et sur les écosystèmes.
Aménagement du territoire : Intégrer
les différents éléments de l'aménagement du territoire de façon à ce que
les valeurs naturelles et paysagères soient protégées, surtout dans les
zones de grande valeur du point de vue de leur diversité biologique et
paysagère et dans les campagnes d'une façon générale.
Gestion de l'eau : Tenir compte des
objectifs de préservation de la diversité biologique et paysagère et de
la nature dans tous les aspects de la gestion de l'eau, notamment afin
de réduire les rejets et les ruissellements de substances polluantes.
Défense : Intégrer les considérations
en matière de diversité biologique et paysagère aux politiques de défense,
afin d'éviter le plus possible les zones de grande valeur et d'empêcher
ou de réduire au minimum les répercussions néfastes des activités militaires
sur les paysages, ce qui contribuera à promouvoir des modes d'affectation
des sols plus sains.
2.4 Principes stratégiques
La Stratégie est fondée sur la mise en oeuvre
des principes suivants dans tous les secteurs usant de ressources naturelles
ou dont l'activité a sur elles une quelconque incidence afin de parvenir
à l'objectif de la conservation et de l'utilisation durable de la diversité
biologique et paysagère :
- En vertu du principe de rigueur, les décisions
relatives à la Stratégie doivent être prises sur la base des meilleures
informations disponibles et, si possible et le cas échéant, porter sur
l'adoption de mesures justifiées d'un point de vue économique et social
susceptibles d'encourager la conservation et l'utilisation durable de
la diversité biologique et paysagère.
- En vertu du principe d'évitement, il convient
de réaliser une évaluation d'impact sur l'environnement pour tous les
projets susceptibles d'avoir des répercussions négatives sur la diversité
biologique et paysagère et, le cas échéant, d'autoriser le public à
participer à cette procédure. Il s'agira notamment des projets concernant
l'introduction dans l'environnement naturel d'espèces exotiques ou d'organismes
génétiquement modifiés.
- En vertu du principe de précaution, il
convient d'éviter et de réduire les répercussions potentiellement négatives
de certaines activités sur la diversité biologique et paysagère; cette
décision ne devra pas être différée au motif que l'existence d'un lien
de cause à effet entre ces activités, d'une part et leur impact potentiel,
d'autre part, n'a pas encore été entièrement confirmé.
- En vertu du principe de délocalisation,
les activités exceptionnellement nuisibles à la diversité biologique
et paysagère et qui ne peuvent pas être évitées devront, dans la mesure
du possible ou le cas échéant, être déplacées et ré-implantées là où
elles causeront moins de tort.
- En vertu du principe de compensation écologique,
les effets nuisibles et inévitables des changements physiques survenant
dans les zones de grande diversité biologique et paysagère doivent faire
l'objet de mesures de conservation compensatoires prises par l'usager.
- En vertu du principe de l'intégrité écologique,
il convient de protéger les processus écologiques qui interviennent
dans la survie des espèces et dans la préservation des habitats dont
cette survie dépend.
- En vertu du principe de rétablissement
et de (re-)constitution, il convient si possible de rétablir et/ou de
(re-)constituer la diversité biologique et paysagère s'il peut être
démontré, par des études de référence, que l'état d'origine pourrait
être rétabli dans les cas où cela est faisable; adopter ce faisant des
mesures pour la récupération, la réhabilitation dans leurs habitats
naturels et la réintroduction des espèces menacées, et ce dans de bonnes
conditions.
- En vertu du principe de la meilleure technologie
disponible et de la meilleure pratique en matière d'environnement, défini
par la Commission de Paris concernant les activités ayant une incidence
sur la diversité biologique et paysagère, l'accès à la technologie et
les transferts de technologie sont deux éléments essentiels au succès
de la Stratégie; lorsque cela sera possible, il conviendra de garantir
et/ou de faciliter l'accès aux technologies propres à favoriser la conservation
et l'utilisation durable de la diversité biologique et paysagère, ainsi
que leur transfert.
- En vertu du principe du pollueur-payeur,
le coût des mesures de prévention, de maîtrise et de réduction des atteintes
à la diversité biologique et paysagère seront supportés, si possible
et le cas échéant, par la partie responsable.
- En vertu du principe de la participation
du public et de son accès à l'information, il convient de faire en sorte
que le public apporte un soutien actif et suffisant aux mesures adoptées
pour la protection de la diversité biologique et paysagère, en associant
aux mécanismes décisionnels les propriétaires terriens, privés ou publics,
la collectivité scientifique, les particuliers et les mouvements associatifs
utilisant des ressources terrestres et marines. Il conviendra, pour
ce faire, de passer par l'intermédiaire des moyens de communication
de masse et de faire figurer ces questions dans les programmes d'éducation
et de formation.
2.5 Cadre stratégique et opérationnel
Le fondement juridique de la mise en oeuvre
des actions au titre de la Stratégie se trouve dans un certain nombre
d'accords et de traités internationaux largement acceptés, comme la Convention
sur la diversité biologique, la Convention de Berne (dont il est dit,
dans la Déclaration de Monaco qu'elle doit constituer le principal instrument
de l'application en Europe de la Convention sur la diversité biologique),
les Conventions de Bonn et de Ramsar et les Directives de l'UE sur les
habitats et sur les oiseaux.
Il conviendra, pour atteindre les objectifs
de la Stratégie, de :
- favoriser et encourager l'échange d'expériences
sur les Stratégies nationales en matière de biodiversité, sur les plans
d'actions et les programmes tels que stipulés par la Convention sur
la Diversité biologique, leur création ou leur extension, de préconiser
l'adoption d'une démarche cohérente et la poursuite d'objectifs communs
à tous les pays d'Europe;
- de recourir à toutes les autres législations
et politiques existantes, nationales ou internationales, comme le Programme
Natura 2000 de l'UE, les politiques sectorielles notamment les politiques
sociales ou relatives à l'agriculture, à la pêche, aux transports et
au développement régional; d'appliquer dans son intégralité le 5ème
Programme d'action pour l'environnement de l'Union Européenne;
- de favoriser, d'encourager et de soutenir
l'application des accords et traités internationaux existants;
La Stratégie aura par ailleurs recours à
toute une gamme d'autres mécanismes afin de modifier la manière dont la
"société pense et agit" dans le domaine de la diversité biologique et
paysagère :
- les politiques nationales et internationales
en matière de gestion des marchés et des échanges ayant une incidence
sur les secteurs pour lesquels l'environnement naturel constitue une
ressource, notamment les mécanismes de soutien des prix.
- les fonds multilatéraux ou bilatéraux
utilisés soit directement pour la conservation de la nature, soit pour
le financement de mesures dans d'autres secteurs économiques et sociaux
ayant une interaction avec l'environnement naturel.
- la politique budgétaire, qui peut stimuler
ou décourager l'utilisation de l'énergie et des ressources naturelles.
- la politique financière, qui peut encourager
la recherche, dans différents secteurs, de profits d'une manière compatible
avec le respect de l'environnement.
- les initiatives et les programmes destinés
à préserver et à renforcer l'identité et les traditions culturelles
régionales.
- les actions destinées à sensibiliser le
public et à obtenir son soutien, par l'éducation, la formation et les
campagnes de sensibilisation, par un recours judicieux aux moyens de
communication de masse et par des partenariats conclus entre les secteurs
public et privé dans le domaine de la propriété foncière et de la gestion
des terrains.
Le Réseau Ecologique Paneuropéenne sera le
cadre opérationnel dans lequel seront prises les actions prioritaires
et stratégiques. Il est à la fois un cadre physique dans lequel les écosystèmes,
les habitats, les espèces, les paysages et autres facteurs naturels d'importance
européenne sont conservés et un mécanisme de coordination que peuvent
développer les partenaires de la Stratégie ainsi que la mise en oeuvre
des actions de coopération. Il sera élaboré sur le concept - EECONET,
les Conventions de Berne et de Bonn et la plupart de réseaux écologiques,
nationaux et régionaux, en cours de développement.
2.6 Acteurs à mobiliser
Les principaux acteurs qui seront associés
à la mise en oeuvre de la Stratégie seront :
- les autorités nationales, (les autorités
locales, régionales et nationales);
- les donateurs bilatéraux;
- les organizations internationales et les
institutions financières;
- les organizations et associations actives
dans les secteurs économiques, l'entreprise privée;
- le monde de la recherche (instituts, universités,
chercheurs et scientifiques);
- les organizations ayant un rôle d'information
(dont les musées, les zoos et les jardins botaniques), ainsi que les
établissements d'enseignement à tous les niveaux;
- les propriétaires terriens, publics ou
privés;
- les organizations non gouvernementales
(dont les associations de conservation de la nature et de protection
de l'environnement oeuvrant au niveau local, national ou international);
- le public (mouvements locaux et groupements
de particuliers, unions de consommateurs, églises et groupes ou ordres
religieux, associations de loisirs ou sportives);
- les populations locales et indigènes dans
les différentes régions d'Europe.
2.7 Structure des Plans d'action
La Stratégie paneuropéenne, qui porte sur
une période de 20 ans fixe un cadre vaste et cohérent à l'intérieur duquel
les buts et objectifs fixés devront être atteints et donne un certain
nombre de principes directeurs devant guider les actions à mener. Dans
le cadre de la mise en oeuvre de ces actions, la Stratégie sera divisée
en Plans d'action quinquennaux, qui auront pour but d'encourager les activités
de nature à stimuler la conservation et l'utilisation durable des ressources
et de veiller à ce que les acteurs nationaux et internationaux aient une
action concertée et globale.
Les Plans d'action constituent le cadre de
la réponse commune de l'Europe à la Convention sur la diversité biologique,
sous la forme, en particulier, de stratégies nationales pour la biodiversité.
Les Plans d'action définissent les principales
mesures à mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs fixés dans un
délai de 5 ans. Ces actions peuvent donner lieu à de véritables projets
entrepris par des organismes internationaux, les pouvoirs publics, certains
secteurs économiques ou des ONG. Elles peuvent aussi être menées séparément,
dans le cadre de projets autonomes, soit parce qu'elles s'inscrivent d'une
Stratégie nationale pour la biodiversité et de son programme de travail,
soit parce qu'elles sont lancées directement en réponse au Plan d'action
de la Stratégie. Dans le mesure où cet éventail de projets possibles est
ainsi rattaché aux initiatives et aux programmes existants, il peut être
mené à bien dans le cadre de la Stratégie paneuropéenne.
Les projets lancés au titre des Plans d'action
doivent être novateurs, dynamiques, multidisciplinaires et réalisables
dans un délai de 5 ans. Ils doivent être acceptés par la population et
lui donner une occasion d'y participer. Les ébauches de projets devront
décrire les activités concrètes envisagées, les calendriers prévus, les
mécanismes de financement utilisés, les coûts et les intervenants concernés,
ainsi que les instruments employés, y compris les dispositifs d'incitation.
Il convient enfin de passer en revue les sources de financement existantes
susceptibles de contribuer à la mise en oeuvre des Plans d'action.
Le classement par ordre de priorité des éléments
devant faire l'objet d'un Plan d'action se fera en fonction des critères
suivants :
- La nécessité d'aborder les problèmes les
plus urgents;
- La volonté de tirer parti d'occasions
uniques susceptibles de se présenter;
- Des calendriers qui soient de nature à
permettre la réalisation d'actions concrètes et à déboucher sur des
résultats;
- La nécessité d'entreprendre des activités
structurées et successives.
CHAPITRE 3 PLAN D'ACTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE
ET PAYSAGERE 1996-2000
3.1. Introduction
Ce Plan d'action sert de fondement à la mise
en oeuvre des objectifs à court terme de la Stratégie. Il recense les
actions à entreprendre entre 1996 et 2000. Au terme de cette période,
un bilan sera fait pour lancer un nouveau Plan d'action quinquennal. Ce
plan s'inspire des mécanismes indiqués dans la Stratégie. Les actions
qu'il comporte sont ciblées sur les buts et objectifs de la Stratégie
à l'horizon 2016 et s'efforcent d'intégrer les principes stratégiques
susmentionnés dans tous les secteurs économiques et sociaux pertinents.
|
Buts et objectifs de la Stratégie
Buts
- Réduire sensiblement ou, si possible,
éliminer complètement, les menaces qui pèsent actuellement sur
la diversité biologique et paysagère de l'Europe;
- Consolider la diversité biologique
et paysagère de l'Europe;
- Renforcer la cohérence écologique
de l'Europe dans son ensemble;
- Assurer la pleine participation
du public aux différents aspects de la conservation de la diversité
biologique et paysagère.
Objectifs
- Conserver, améliorer et restaurer
les écosystèmes, les habitats, les espèces et les caractéristiques
clés du paysage par la création et la gestion efficace du Réseau
écologique paneuropéen;
- Assurer une gestion durable de la
diversité biologique et paysagère en tirant le meilleur parti
possible des possibilités qui se présenteront sur le plan social
et économique, aux niveaux national ou régional;
- Intégrer pleinement les objectifs
en matière de conservation et d'utilisation durable de la diversité
biologique et paysagère dans tous les secteurs socio-économiques
appelés à gérer cette diversité ou dont les activités ont sur
elle une quelconque incidence;
- Améliorer les informations disponibles
sur les différents aspects de la diversité biologique et paysagère
et sensibiliser la population et les décideurs à ce problème;
renforcer la participation du public aux actions destinées à préserver
et à améliorer cette diversité;
- Mieux faire comprendre l'état de
la diversité biologique et paysagère en Europe et les processus
qui contribuent à la préserver;
- Assurer les moyens financiers suffisants
pour mettre en oeuvre la Stratégie.
|
3.2 Axes du Plan d'action 1996-2000
Les objectifs que le premier Plan d'action
quinquennal se fixe explicitement consistent à remédier à la détérioration
de l'état des systèmes biologiques et paysagers les plus importants et
d'en renforcer la cohérence. Au cours de cette période, il s'agira plus
particulièrement d'intégrer les priorités paneuropéennes aux politiques
et initiatives nationales découlant des stratégies, des programmes et
des plans nationaux en matière de protection de la biodiversité que chaque
gouvernement aura mis en place dans le cadre de l'application de la Convention
sur la diversité biologique. Le Plan d'action devra stimuler la constitution
de réseaux écologiques nationaux et la mise en place d'un Réseau écologique
paneuropéen d'ici 10 ans. En outre, il devra également promouvoir, dans
toutes les régions d'Europe, une utilisation durable des ressources économiques
que recèlent les environnements naturels. Il conviendra enfin de tirer
le meilleur parti possible des occasions uniques qui se présenteront dans
le cadre de l'évolution sociale, politique et économique actuelle de l'Europe,
que ce soit au niveau national ou international.
Le Plan d'action comprendra 11 domaines d'action
: 4 portant sur des questions d'importance paneuropéenne, 6 sur des paysages
et écosystèmes prioritaires et 1 action portant sur les espèces menacées.
Le classement par ordre de priorité de ces domaines, paysages, écosystèmes
et espèces pour la période 1996-2000 est fondé sur une analyse du Rapport
Dobris, intitulé L'Evaluation de l'environnement, "Un environnement pour
l'Europe".
Au cours de la période 1996-2000; le Conseil
de l'Europe devra instituer une "Task Force" paneuropéenne chargée de
lancer et de conduire le processus de mise en oeuvre de la Stratégie et
de classer les domaines d'action par ordre de priorité.
3.2.1 Les domaines d'action paneuropéens
Le Plan d'action pour 1996-2000 est organisé
autour de 3 thèmes prioritaires dont le traitement suppose une démarche
concertée entre les pays européens en fonction des objectifs de la Stratégie
:
1. Domaines d'action :
2. Constituer d'un Réseau écologique paneuropéen
(Objectifs 1, 2, 3, 4 et 5 de la Stratégie);
3. Prendre en compte des considérations relatives
à la diversité biologique et paysagère dans les secteurs d'activité pertinents
(Objectifs 1, 2, 3, 4 et 5);
4. Sensibiliser les décideurs et le public
et obtenir leur soutien (Objectifs 4 et 5 de la Stratégie).
3.2.2 Les domaines d'action centrés sur les paysages,
les écosystèmes et les espèces
Les mesures seront prises dans l'ensemble
des régions d'Europe, mais seront plus précisément axées sur les paysages
et les écosystèmes ayant une valeur intrinsèque pour l'Europe tout entière.
Les paysages d'importance européenne : dans
le cadre du domaine d'action n 4, les actions seront ciblées sur la diversité
paysagère revêtant une importance à l'échelle européenne. En particulier,
l'accent sera mis sur la nécessité de garantir une protection adéquate
des caractéristiques culturelles et géologiques de ces paysages, ainsi
que de leurs éléments naturels.
Domaine d'action :
4. Conservation des paysages (Objectifs 1,
4 et 5 de la Stratégie).
Les écosystèmes et les espèces d'importance
européenne : les actions portant sur les écosystèmes et espèces prioritaires
se fondent sur les objectifs 1, 2 et 3 de la Stratégie. Les actions inhérentes
aux thèmes 5 à 11 constituent des éléments importants des domaines d'action
4 à 11.
Domaines d'action :
5. Les écosystèmes côtiers et marins;
6. Les écosystèmes des cours d'eau et leurs
zones humides;
7. Les écosystèmes des zones humides intérieures;
8. Les écosystèmes des prairies;
9. Les écosystèmes forestiers;
10. Les écosystèmes de montagnes.
Domaine d'action :
11. Action en faveur des espèces menacées
(Objectifs 1, 2 et 3 de la Stratégie).
Les critères ayant motivé ce classement des
domaines d'action par ordre de priorité sont exposés en détail dans l'Annexe
2.
3.2.3 Prise en compte des considérations relatives
à la diversité biologique et paysagère dans les différents secteurs d'activité
Les actions prévues pour la période 1996-2000
porteront plus particulièrement sur la prise en compte de la diversité
biologique et paysagère dans les secteurs clés dont l'activité a des répercussions
sur l'environnement naturel : l'agriculture, la sylviculture, l'énergie,
l'industrie, les transports, le tourisme, la gestion de l'eau, la défense
et la pêche. Le Plan d'action devra faire en sorte que la diversité biologique
et paysagère soit prise en compte dans tous ces secteurs, mais porter
plus particulièrement sur l'agriculture et l'économie rurale, dans la
mesure où il s'agit, dans toute l'Europe, des secteurs dont l'interaction
avec la diversité biologique et paysagère est la plus directe. En outre,
compte tenu de l'évolution que connaissent actuellement les politiques
et les pratiques agricoles, c'est dans ce domaine que les possibilités
d'action sont les plus grandes au chapitre de la réalisation des objectifs
d'ensemble de la Stratégie.
3.3. Mécanismes à utiliser dans le cadre du Plan
d'action
Les initiatives lancées dans le cadre du
Plan d'action 1996-2000 seront fondées sur les instruments et mécanismes
suivants (dont la liste complète figure à l'Annexe 2). En outre, des instruments
plus spécifiques pourront être appliqués, selon le cas et en fonction
des possibilités, à certains secteurs, problèmes, paysages, écosystèmes
ou espèces, ou à l'intérieur de ceux-ci:
- la législation et les politiques : dans
le cadre de la mise en oeuvre des 4 Plans d'action de la Stratégie,
il conviendra de tirer le plus grand parti possible des 4 accords internationaux
déjà existants et largement acceptés : la Convention sur la diversité
biologique, la Convention de Berne, les Directives de l'UE sur les oiseaux
(79/409/CEE) et sur les habitats (92/43/CEE). En outre, le Plan d'action
devra se fonder également sur les possibilités offertes par la Convention
de Bonn, la Convention sur le patrimoine mondial, la CITES, la Convention
de Ramsar, la Convention culturelle européenne, la Convention européenne
pour la protection du patrimoine archéologique, la Convention pour la
sauvegarde du patrimoine architectural du Conseil de l'Europe et la
Directive sur les évaluations d'impact sur l'environnement (DEIE).
- les programmes et actions nationaux et
internationaux visant à protéger la diversité biologique et paysagère
ou une utilisation durable des ressources naturelles; la Directive de
l'UE sur les habitats sera la plus importante dans le contexte communautaire.
Il conviendra également de faire appel à la Stratégie européenne de
conservation du Conseil de l'Europe, aux mécanismes des Sites diplômés
européens et des Réserves biogénétiques du Conseil de l'Europe, au projet
de recommandation du Conseil de l'Europe sur la conservation intégrée
des paysages culturels dans le cadre des politiques paysagères, au projet
de Charte du paysage du Conseil de l'Europe, à la Charte du paysage
méditerranéen, au Programme pour l'environnement de la CEE/ONU, à EECONET,
au Programme et au Plan d'action européens pour les aires protégées
de l'UICN, à la Stratégie conjointe de l'UICN et de l'UNESCO en matière
de communication, au Programme CORINE et au Programme MAB de l'UNESCO,
ainsi qu'aux acquisitions foncières dans l'intérêt de la conservation
de la nature.
- les politiques nationales et internationales
en matière de marchés et d'échanges : les accords commerciaux bilatéraux
et multilatéraux, la conversion de dettes, l'organization Mondiale du
Commerce (OMC) et son Comité des échanges et de l'environnement.
- les fonds multilatéraux ou bilatéraux
et autres programmes d'assistance : les programmes des pays de l'OCDE
en matière d'aide bilatérale, les Fonds pour l'Environnement Mondial
(FEM), la Banque Européenne d'Investissement, la Banque Européenne pour
la Reconstruction et le Développement, la Banque, le Fond de développement
du Conseil de l'Europe et les mécanismes de l'UE comme LIFE, le Fonds
de cohésion, les Fonds structurels, les méthodes de production agricole
compatibles avec la protection de l'environnement, le 4e Programme cadre
pour la Recherche et le Développement Technologique, le Fonds Social
Européen, l'assistance technique, les programmes multilatéraux et bilatéraux
de formation et d'échange.
Sur la base des objectifs de la Stratégie,
une série d'actions ont été définies au sein du Plan d'action 1996-2000.
Elles s'inscrivent dans le cadre des plans nationaux d'action en faveur
de la biodiversité ou des programmes de travail existants des organizations
internationales, des pouvoirs publics, des secteurs économiques ou des
ONG. A ce titre, elles peuvent donc faire l'objet de projets et être menées
à bien par leurs auteurs en tant qu'activités séparées, individuelles
ou autonomes, tout en contribuant la réalisation des objectifs du Plan
d'action 1996-2000. Le classement par ordre de priorité des domaines du
Plan d'action résulte, en autres critères, des solutions et options proposées
dans l'Evaluation de Dobris et dans le document de l'UICN, Parks
for life: Action plan for protected areas in Europe.
|
Domaines d'action 1996-2000
0. Elaboration paneuropéenne du processus
de la Stratégie
1. Constitution du Réseau écologique paneuropéen
2. Prise en compte de considérations relatives à la diversité biologique
et paysagère dans les secteurs concernés
3. Sensibilisation des décideurs et du public et obtention de leur
appui
4. Conservation des paysages
5. Les écosystèmes côtiers et marins
6. Les écosystèmes des cours d'eau et leurs zones humides
7. Les écosystèmes des zones humides intérieures
8. Les écosystèmes des prairies
9. Les écosystèmes forestiers
10. Les écosystèmes de montagne
11. Action en faveur des espèces menacées
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3.5 Le Plan d'action 1996-2000
DOMAINE D'ACTION
0 ELABORATION
PANEUROPÉENNE DU PROCESSUS
DE LA STRATÉGIE
Afin de faciliter les actions et d'assurer
l'avancement des travaux, il conviendra de constituer une "Task Force"
paneuropéenne chargée de piloter et de coordonner le processus au niveau
international. Toutefois, la Stratégie devra, dans toute la mesure du
possible, faire usage des structures, des mécanismes et des fonds existants.
- 0.1 Constituer une "Task Force" paneuropéenne
de coordination des actions au titre de la Stratégie (1996-1997)
- Cette Task Force, placée sous l'égide
du CDPE du Conseil de l'Europe, entreprendra les initiatives nécessaires
à la mise en oeuvre de la Stratégie. Elle devra être composée de représentants
des pays membres du Conseil de l'Europe, d'autres pays européens, d'organizations
internationales dont l'Union Européenne, d'institutions des Nations
Unies comme le PNUD, la CEE/ONU, le PNUE, l'UNESCO, la FAO, de la Banque
mondiale, de donateurs et d'ONG internationales.
- 0.2 Contribuer à la mise en place de Stratégies
nationales pour la biodiversité et de Plans d'action dans tous les pays
d'Europe d'ici l'an 2000 (1996-2000)
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Lignes directrices relatives au contenu d'un
Plan d'action national en faveur de la biodiversité (Convention
sur la diversité biologique)
- Résumé - Résumer brièvement le rapport
du Plan d'action, en exposant succinctement l'importance de la
biodiversité, la détermination à respecter la Convention, le mandat,
la liste des participants, la richesse biotique et la capacité
nationale, les objectifs et les lacunes, les recommandations stratégiques
et les caractéristiques de l'action (qui fera quoi, avec quels
moyens et quelles sources de financement).
- Introduction - Indiquer en quoi
la biodiversité est importante pour le pays et ses régions. Expliquer
la convention et la détermination du pays à en voir respecter
les dispositions. Présenter l'objectif du Plan national d'action
en faveur de la biodiversité et préciser à qui il s'adresse.
- Contexte - Décrire le cadre des
textes législatifs et des politiques qui fournissent le mandat
et donnent les instructions relatives à la préparation du rapport
du Plan d'action. Donner un bref résumé des actifs biotiques de
la nation, de ses moyens (personnel, institutions, installations
et financement) et les programmes en cours. Détailler les arrangements
institutionnels et les responsabilités, pour que l'on sache de
quelle manière les recommandations stratégiques seront mises en
oeuvre.
- Buts et objectifs - Exposer la vision
de la biodiversité et sa place dans la société, en insistant sur
sa protection, sa compréhension d'un point de vue scientifique,
son utilisation durable et la répartition équitable des bienfaits
qu'elle procure et des coûts que suppose sa protection. Préciser
également les résultats particuliers à obtenir pour atteindre
les buts nationaux, locaux et internationaux au chapitre de la
protection, de l'évaluation et de l'utilisation de la biodiversité
et de ses éléments, ainsi qu'au chapitre des bienfaits qu'on peut
en attendre.
- Stratégie - Exposer brièvement les
écarts entre la situation actuelle du pays et l'idéal visé, les
buts et les objectifs énoncés. Résumer les recommandations stratégiques
et notamment les activités, les politiques et les tâches dont
il a été décidé de les mettre en oeuvre pour combler ces lacunes.
Classer chacun de ces points par ordre de priorité.
- Partenaires - Donner la liste des
entités, collectivités et industries publiques et privées qui
ont pris part au processus et ont accepté la responsabilité de
certaines activités et investissements particuliers.
- Action - Présenter en détail les
activités, les tâches et les politiques envisagées. Indiquer le
partenaire (ministère, industrie, groupe local, ONG, université)
qui sera chargé de la réalisation de chaque action, ainsi que
les moyens que les partenaires comptent employer.
- Calendrier - Présenter un calendrier
de mise en oeuvre des diverses tâches, compte tenu de l'ordre
de priorité assigné à chacune d'entre elles. User de jalons pour
faciliter le repérage des progrès accomplis ou des retards pris.
- Budget - Indiquer le budget du Plan
d'action, en précisant les besoins de financement au titre des
dépenses de fonctionnement, des investissements en capital, des
transports, des frais sur le terrain, etc. Dresser la liste des
effectifs requis par compétence ou par domaine d'expérience, les
installations et les services nécessaires et les formes éventuelles
de coopération technique et financière internationale.
- Suivi et évaluation - Exposer les
mesures qui seront mises en oeuvre pour suivre les résultats du
Plan d'action, ainsi que les évolutions de l'économie, de l'environnement
et de la société. Préciser les indicateurs qui seront utilisés.
Donner la liste des personnes et des organizations qui assumeront
ces responsabilités et les critères qui ont présidé à leur sélection.
Préciser le public visé par les rapports, ainsi que le contenu
du document et le calendrier de mise en oeuvre.
D'après les Lignes directrices du PNUE
relatives à la préparation des Stratégies nationales et des Plans
d'action en faveur de la biodiversité (1994).
|
- 0.3 Tirer les leçons de la Directive de l'UE
sur les habitats et de la Convention de Berne
- Faire profiter tous les pays d'Europe
des retombées positives de la Directive sur les Habitats (Natura 2000)
et de la Convention de Berne, qui pourront jouer le rôle de cadres d'orientation
dans une optique paneuropéenne. Voir dans quelle mesure on pourrait
appliquer ces textes et mettre au point des mécanismes qui permettraient
d'étendre le réseau de Natura 2000 aux PECO et à d'autres Etats candidats;
le cas échéant, préparer des lignes directrices liminaires et autres
formes d'aide et d'assistance. Entreprendre une action en vue d'étendre
le programme CORINE à tous les pays européens, en mettant l'accent sur
l'élaboration de biotopes CORINE et sur la constitution de zones désignées.
Dresser une liste européenne des espèces et des habitats à surveiller.
|
Exemples de Stratégies nationales sur la
biodiversité mises en oeuvre dans les PECO ou en Europe occidentale
La préservation de la diversité
biologique en Bulgarie : la Stratégie nationale de conservation
de la biodiversité : Cette stratégie
a été élaborée à partir de contributions d'experts et des recommandations
de scientifiques bulgares, de représentants de ministères, de comités,
de collectivités régionales, de municipalités et d'ONG bulgares,
ainsi que de spécialistes de l'aménagement d'aires protégées, de
l'économie des ressources naturelles, du droit de l'environnement,
de l'aménagement du territoire et des systèmes d'information géographique.
Cette stratégie comprend plus de 150
recommandations, qui s'articulent autour d'un cadre en sept parties,
constituant le fondement des futures politiques en matière de planification
et d'élaboration de projets dans le domaine de la conservation intégrée.
Le document est divisé en 5 chapitres : le défi de la conservation,
la diversité biologique de la Bulgarie, les menaces qui pèsent sur
la diversité biologique de la Bulgarie, l'élaboration d'un programme
global de conservation, les priorités d'action immédiates et les
mécanismes de soutien. Dans les annexes, on trouve une liste des
aires protégées d'importance internationale et autres parcs naturels
de Bulgarie, la liste des documents utilisés pour l'atelier, les
sources d'information et d'assistance, les ensembles de données
incorporés dans des cartes composites et d'analyse de lacunes.
Le Programme en faveur de la biodiversité
(BSP), un programme conjoint du Fonds Mondial pour la Nature (WWF),
de Nature Conservancy et du World Resource Institute financé par
le Bureau d'USAID pour l'Europe et les Nouveaux Etats Indépendants,
a permis au gouvernement bulgare de bénéficier d'un programme d'assistance
technique afin de constituer une base exhaustive de données sur
la diversité biologique de la Bulgarie et de dresser la liste des
priorités d'action et des recommandations à respecter dans l'intérêt
de la biodiversité.
Le Plan d'action du R.-U. en
faveur de la biodiversité : L'objectif d'ensemble de ce
Plan consiste à favoriser la conservation et l'amélioration de la
diversité biologique au sein du R.-U. et de contribuer à la préservation
de la biodiversité à l'échelle de la planète par tous les moyens
appropriés. Le Royaume-Uni a d'ores et déjà mis en place un grand
nombre de politiques et de programmes destinés à préserver la faune
et la flore sauvages et les habitats sur son territoire. L'Etat
reconnait qu'il y a encore des efforts à faire pour permettre au
Royaume-Uni d'atteindre ses objectifs en matière de conservation
au cours des 20 prochaines années. Le Chapitre 10 du Plan d'action
en faveur de la biodiversité contient une liste d'actions que l'Etat
et ses organismes se sont engagés à mettre en oeuvre pour protéger
et, si possible, valoriser les espèces végétales et animales sauvages,
ainsi que leurs habitats naturels. Pour veiller à ce que les initiatives
soient toujours aussi efficaces que possible, l'Etat a institué
un Comité directeur du Plan d'action en faveur de la biodiversité,
composé de représentants des organismes de l'Etat et des pouvoirs
locaux, des institutions détenant des collections importantes, d'organizations
bénévoles et d'universités. Dans l'immédiat, son mandat en termes
de surveillance consiste :
- à élaborer une série d'objectifs
chiffrés concernant les espèces et les habitats clés pour les
années 2000 et 2010, à paraître au cours de l'Année Européenne
de la Conservation de la Nature 1995.
- à constituer un groupe de travail
(ce qui est fait depuis juin 1993) chargé d'améliorer l'accès
aux bases de données biologiques existantes et d'assurer une coordination
entre elles, afin de fournir des normes communes pour les travaux
futurs; voir dans quelle mesure il serait possible, en temps et
lieu, de constituer une "biobase" unique à l'échelle du Royaume-Uni.
- à préparer et à organiser une campagne
pour sensibiliser le public à l'importance de la préservation
de la biodiversité du R.-U. et à la nécessité de participer à
ce processus.
- mettre sur pied un mécanisme de
bilan et d'examen pour suivre les progrès accomplis et vérifier
le respect des engagements pris, mécanisme dont les détails sont
donnés au Chapitre 10 du Plan d'action en faveur de la biodiversité.
|
DOMAINE D'ACTION
1 CONSTITUTION
DU RÉSEAU ÉCOLOGIQUE PANEUROPÉEN
Les défis à relever :
la Stratégie vise à assurer la conservation des écosystèmes, des habitats,
des espèces, leur diversité génétique et des paysages d'importance européenne,
par la mise sur pied, d'ici 10 ans, du Réseau écologique paneuropéen.
Le Réseau écologique paneuropéen va contribuer
à la réalisation des principaux objectifs de la Stratégie en permettant
la conservation d'un éventail complet d'écosystèmes, d'habitats, d'espèces
et leur diversité génétique, et de paysages d'importance européenne; en
veillant à ce que les habitats soient suffisamment vastes pour favoriser
la conservation des espèces; en offrant des possibilités suffisantes pour
la dispersion et la migration des espèces; en contribuant à ce que les
éléments dégradés des systèmes clés soient restaurés et protégés contre
les dangers potentiels.
Les textes et les moyens à employer
: Se fonder sur les initiatives existantes en
matière de réseaux écologiques qui s'articulent autour de mécanismes juridiques
tels que Natura 2000 dans le cadre des Directives sur les habitats et
les sur les oiseaux, les Conventions de Berne, de Bonn et de Ramsar, les
Réserves biogénétiques et les Sites diplômés du Conseil de l'Europe et
les principes directeurs comme ceux d'EECONET; tirer parti d'occasions
exceptionnelles comme l'évolution actuelle des modes d'occupation des
sols découlant de la privatisation et de la mise en oeuvre de mesures
comme le règlement concernant les méthodes de production agricole compatibles
avec la protection de l'environnement, la Déclaration de Maastricht sur
la conservation du patrimoine naturel de l'Europe, "vers un réseau
écologique européen" (1993) et l'initiative de l'UICN, Parks for
Life: Action plan for protected areas in Europe.
|
Le Réseau écologique paneuropéen
Le réseau s'articulera autour des éléments
suivants : les zones noyaux pour conserver les écosystèmes, les
habitats, les espèces et les paysages d'importance européenne; les
couloirs ou les relais, qui permettront d'améliorer la cohérence
des systèmes naturels; les zones à restaurer, où les éléments dégradés
des écosystèmes, des habitats et des paysages d'importance européenne
devront être réparés ou certaines zones complètement restaurées;
les zones tampons, qui consolident le réseau et le protègent contre
les influences extérieures préjudiciables. Les zones noyaux comprendront
les principales zones et caractéristiques représentatives de la
diversité biologique et paysagère d'importance européenne. Dans
de nombreux cas, elles comprendront également d'importants systèmes
semi-naturels dont l'intégrité dépend de la poursuite de certaines
activités humaines, comme les paysages agricoles soumis à une exploitation
intensive.
La cohérence du réseau sera assurée
par la constitution, le cas échéant, de couloirs continus ou de
"relais" discontinus, qui faciliteront la dispersion et la migration
d'espèces entre les zones noyaux. Dans de nombreux cas, la fonction
de communication exercée par les couloirs et les relais sera compatible
avec les activités économiques autorisées dans les zones concernées.
|
Les 3 actions prioritaires suivantes doivent
permettre la constitution et la mise en oeuvre du Réseau écologique paneuropéen
dans un délai de 10 ans.
- 1.1 Elaborer un programme de mise au
point du Réseau écologique paneuropéen (1996-1999)
- Le programme de mise au point du Réseau
écologique paneuropéen consistera à élaborer le réseau physique de zones
noyaux, de couloirs, de zones à restaurer et de zones tampons. Il s'agira
notamment : a) de préciser les critères devant présider à la désignation
des zones noyaux, des couloirs, des zones à restaurer et des zones tampons,
compte étant tenu des zones biogéographiques d'Europe; b) de choisir
les écosystèmes, les types d'habitats, les espèces et les paysages d'importance
européenne devant être inclus dans le Réseau; c) de repérer les sites
et couloirs spécifiques grâce auxquels les écosystèmes, les habitats,
les espèces et leur diversité génétique, et les paysages d'importance
européenne seront conservés et, le cas échéant, valorisés et réhabilités;
d) de préparer des lignes directrices pour veiller à ce que les mesures
prises et les actions entreprises dans le cadre de la création du Réseau
soient aussi cohérentes et efficaces que possible.
Dans le cadre de ce processus, il conviendra
d'utiliser au maximum les initiatives déjà lancées en Europe pour
constituer des réseaux écologiques, au titre notamment de la Directive
sur les habitats, du programme Parks for Life: action plan for protected
areas in Europe de l'UICN et des nombreux réseaux écologiques déjà
en cours d'élaboration à l'échelle nationale et régionale. Toute une
série d'organizations gouvernementales et non gouvernementales seront
associées à la conception et à la mise en oeuvre de ce programme de
mise au point.
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Natura 2000, le Réseau écologique
européen de l'Union européenne
Un réseau écologique européen cohérent
d'aires de conservation spéciales (ACS) est constitué sous le
nom de Natura 2000 par chacun des Etats membres de l'UE (tel que
défini dans l'article 3 de la Directive sur les habitats (92/43/EEC).
Ce réseau de sites permettra de conserver ou, le cas échéant,
de ramener à un état favorable de conservation, les types d'habitats
naturels et les habitats d'espèces recensés dans les annexes 1
et 2 de la Directive sur les habitats.
Chaque Etat membre de l'UE contribue
à la création de Natura 2000 en proportion de la représentation
au sein de son territoire. A cet effet, chaque Etat membre de
l'UE désigne, conformément à l'article 4, des sites qui deviendront
des aires de conservation spéciales. S'ils l'estiment nécessaire,
les Etats membres de l'UE s'efforceront d'améliorer la cohérence
écologique de Natura 2000 en préservant et, le cas échéant, en
développant les caractéristiques du paysage qui revêtent une importance
déterminante pour la faune et la flore sauvages.
En outre, chaque Etat membre de l'UE
s'efforce, s'il l'estime nécessaire, dans le cadre de ses politiques
d'occupation des sols et d'aménagement du territoire et, en particulier,
pour améliorer la cohérence écologique du Réseau Natura 2000,
d'encourager la gestion des caractéristiques du paysage qui revêtent
une grande importance pour la faune et la flore sauvage (Article
10).
Ces caractéristiques sont celles
qui, de par leur structure linéaire et continue (comme les cours
d'eau avec leurs rives, ou les systèmes traditionnels utilisés
pour délimiter les champs) ou de par leur fonction de relais (comme
les étangs ou les petits bois) sont essentiels à la migration
et à la dispersion des espèces sauvages, ainsi qu'aux échanges
génétiques entre elles.
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- 1.2 Préparer la première phase d'un
programme de mise en oeuvre pour le Réseau écologique paneuropéen (1996-2000)
- Le programme de mise au point du Réseau
écologique paneuropéen s'appuiera sur la préparation d'un programme
de mise en oeuvre. Ce dernier dressera la liste des actions à entreprendre
pour que le Réseau écologique paneuropéen soit créé d'ici 2005.
La première phase du programme de mise
en oeuvre sera axée sur les actions à entreprendre en priorité d'ici
l'an 2000. Compte tenu du grand nombre de réseaux écologiques déjà
en cours de constitution en Europe (comme Natura 2000 et les divers
projets nationaux et régionaux), les premières actions de mise en
oeuvre peuvent être planifiées parallèlement à la préparation du programme
de mise au point. Ces actions comprendront notamment des projets de
démonstration et tiendront plus particulièrement compte des initiatives
menées dans le cadre de Natura 2000, ainsi que des besoins particuliers
des pays d'Europe centrale et orientale (PECO).
La conception et la mise en oeuvre du
programme se feront en étroite collaboration avec les organizations
gouvernementales et non gouvernementales concernées.
- 1.3 Encourager la constitution de réseaux
écologiques nationaux et leur intégration au Réseau écologique paneuropéen
(1996-2000)
- Un grand nombre de pays européens constituent
sur leur territoire des réseaux écologiques. Ce sont des initiatives
qui peuvent largement contribuer, tant à la conception du Réseau écologique
paneuropéen qu'à sa mise en oeuvre au niveau national ou régional. Les
actions prioritaires devront prendre la forme d'un soutien aux initiatives
dont il est peut être démontré qu'elles contribuent à l'élaboration
de réseaux écologiques dans toute l'Europe, surtout si ces réseaux sont
susceptibles d'aider la mise au point et la mise en oeuvre du Réseau
écologique paneuropéen. Ce soutien devra se traduire, en particulier,
par la mise en place de programmes d'assistance technique et de projets
communs portant sur des réseaux transfrontières. Le financement pourra
provenir d'une série de mécanismes bilatéraux, nationaux ou multilatéraux,
ainsi que de parrainages privés.
- 1.4 Sensibiliser la population à l'existence
du Réseau écologique paneuropéen
- Favoriser les échanges de compétences
et de connaissances entre pays d'Europe pour permettre l'élaboration
de politiques efficaces en matière d'éducation et de communication,
en mettant plus particulièrement l'accent sur le Réseau écologique paneuropéen,
sur les réseaux écologiques nationaux et sur les mécanismes d'intégration
(1996-2000).
DOMAINE D'ACTION
N 2 PRISE
EN COMPTE DE CONSIDÉRATIONS
RELATIVES À LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
ET PAYSAGÈRE DANS LES SECTEURS
CONCERNÉS
Les défis à relever :
Faire en sorte que l'impératif de la conservation de la diversité biologique
et paysagère et de son utilisation durable soit pris en compte le plus
possible dans tous les secteurs économiques et sociaux concernés.
Les textes et les moyens à employer :
Envisager la nécessité, dans l'immédiat ou dans l'avenir, de reformuler,
le cas échéant, les politiques sectorielles, en mettant l'accent sur celles
qui font actuellement l'objet d'une réforme. Faire usage des dispositions
de la Convention sur la diversité biologique (Articles 6b, 7c, 10a,10b
et 14), du Traité de Maastricht (Articles 2 et 130 R(2)), de la Conférence
intergouvernementale de l'UE prévue pour 1996, des Fonds structurels,
du Fonds de cohésion, du Livre Blanc de l'UE sur la croissance, la compétitivité
et l'emploi, et du Programme d'action pour l'environnement en Europe centrale
et orientale de la CEE/ONU, afin d'axer les efforts sur la protection
et la valorisation de la diversité biologique et paysagère dans les secteurs
dont l'activité entraîne des répercussions sur la biodiversité ou qui
sont appelés à la gérer. Tirer parti du 5ème Programme d'action pour l'environnement
de l'Union Européenne et le Fonds de Développement du Conseil de l'Europe
pour renforcer la prise en compte des intérêts de la diversité biologique
et paysagère dans les politiques économiques et sociales sectorielles
de l'Union Européenne et dans le cadre de ses activités à travers l'Europe.
Les objectifs paneuropéens :
- 2.1
- Tout secteur concerné (agriculture, gestion
de l'eau, sylviculture, énergie et industrie, transport, tourisme, pêche,
défence, politiques structurelles et régionales, aménagement du territoire)
est invité, le cas échéant et si possible, à présenter en coopération,
avec l'autorité responsable de la conservation de la biodiversité, son
propre plan en faveur de la biodiversité dans les délais convenus (1996-2000).
Il s'agira notamment de décrire les activités
du secteur, de préciser leur incidence, tant négative que positive,
sur la biodiversité, d'exposer l'importance de la biodiversité pour
le secteur en question, de préciser les mesures découlant des buts
de la Stratégie et des objectifs en matière de biodiversité fixés
par l'autorité nationale compétente, de dresser la liste des actions
à entreprendre, compte tenu des moyens dont dispose le secteur en
question et, enfin, de définir les modalités du suivi de ces actions.
Au niveau régional, examiner les répercussions,
sur la diversité biologique et paysagère, d'une éventuelle mise en
place des politiques de l'UE dans les Etats candidats à l'adhésion,
plus particulièrement pour les PECO et les pays de la Méditerranée.
- 2.2
- Encourager la constitution de sanctuaires
écologiques dans les milieux agricoles.
- 2.3
- Faire en sorte que les mécanismes de financement
fassent l'objet d'une utilisation judicieuse.
Il convient de revoir et, le cas échéant,
de modifier les critères employés pour le financement des projets
dans le cadre des fonds de développement afin de veiller à ce que
ces crédits servent les intérêts de la conservation de la nature (1996-2000).
Parmi les autres objectifs à viser, il
conviendra également d'améliorer la qualité des évaluations d'impact
sur l'environnement et de revoir les exigences législatives au titre
des Fonds structurels et des Fonds de cohésion de l'UE, des programmes
PHARE et TACIS, de la BERD, de la Banque mondiale et autres organismes
ou programmes de financement.
- 2.4
- Veiller à ce que les processus de privatisation
soient assortis des mécanismes adéquats de préservation de la diversité
biologique et paysagère.
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Exemple d'intégration concernant
l'Europe occidentale ou dans les PECO : la Norvège
La démarche fondamentale adoptée en
Norvège pour les suites données à la Convention sur la biodiversité
biologique (ratifiée par la Norvège le 9 juillet 1993) a consisté
à combiner les deux grandes obligations prévues à l'article 6 en
un processus intégré.
L'article 6(a) prévoit que chacune
des parties contractantes élabore des stratégies, plans ou programmes
nationaux tendant à assurer la conservation et l'utilisation durable
de la diversité biologique. L'article 6(b) prévoit l'obligation
d'intégrer la conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique dans les plans sectoriels ou intersectoriels pertinents.
Le principe de la responsabilité sectorielle en matière de biodiversité
est donc l'un des fondements de la stratégie norvégienne. L'autre
aspect essentiel du processus concerne la participation du public.
Pour atteindre ces objectifs, la stratégie est élaborée, sous la
coordination du ministère de l'Environnement, selon le processus
suivant :
- Une phase descriptive, fondée sur
les connaissances existantes, portant sur la situation de la diversité
biologique en Norvège, les activités en la matière et la détermination
des lacunes dans les connaissances et les besoins de la recherche.
- Une phase d'élaboration de la stratégie
d'action, aboutissant à un Plan d'action nationale en trois étapes
:
a) chaque ministère responsable
d'activités portant atteinte à la biodiversité ou d'activités
concernant la conservation ou l'utilisation durable de la
biodiversité élabore un "plan sectoriel pour la biodiversité"
en suivant les directives reconnues et élaborées par le ministère
de l'Environnement pour l'établissement des plans sectoriels.
Dans le cadre de ce plan, chaque ministère a été invité à
définir les bases de son action.
Pour atteindre l'objectif consistant
à faire en sorte que chaque ministère fasse siennes les préoccupations
en matière de diversité biologique, les directives ont inversé
l'ordre habituel des choses : alors que normalement, on commence
par mettre en évidence la diversité biologique, et par après
les menaces qui pèsent sur elle, les ministères ont été invités
à commencer par décrire leurs activités. Dans le processus
qui consiste à passer en revue les activités, on met logiquement
en lumière leurs effets, négatifs ou positifs, sur la biodiversité.
En outre, les objectifs et les propositions d'actions peuvent
être liés à des activités concrètes. Les sept ministères suivants
avaient terminé leur projet de plan sectoriel en juin 1994
: la Pêche, l'Agriculture (qui inclut la sylviculture), les
Transports, l'Energie et l'Industrie, la Défense, la Recherche
et l'Education. En outre, le Ministère de l'Environnement
a également communiqué son "plan sectoriel", comprenant les
activités, instruments, objectifs et propositions d'action
du ministère. Chaque plan sectoriel décrit les propositions
relatives aux objectifs à atteindre, aux mesures à prendre,
ainsi qu'aux instruments (tant juridiques qu'économiques)
à mettre en place.
b) Les plans sectoriels ont fait
l'objet d'une large consultation publique, à laquelle ont
été associés les ONG et le secteur privé.
c) Puis, on a entamé l'élaboration
d'une politique de conservation coordonnée, rentable et écologiquement
efficace, fondée sur les plans sectoriels et les résultats
de la consultation publique. Le gouvernement doit se prononcer
sur le Plan d'action, dont il assumera la responsabilité.
Ce Plan d'action sera ensuite soumis au Parlement.
- La mise en forme du plan sera suivie
d'étapes de mise en oeuvre et de révision régulière (tant pour
les plans sectoriels que pour le plan global coordonné).
Objectifs du processus : La démarche
stratégique du gouvernement norvégien répond à plusieurs objectifs.
Bien entendu, le but global consiste à mettre en oeuvre la Convention
sur la biodiversité au niveau national. Il s'agit donc naturellement
d'assurer la conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique. Cependant, plusieurs autres objectifs sous-tendent cet
objectif principal :
- l'intégration, dans une stratégie
globale, des activités existantes qui satisfont déjà à certains
objectifs de la Convention;
- le lancement d'un processus dynamique
de mise en oeuvre, au lieu que l'on se contente d'élaborer simplement
"un autre document";
- associer pleinement tous les secteurs
concernés au processus et tenter d'obtenir qu'ils mettent en évidence
leur propre responsabilité dans le règlement des problèmes, tout
en renforçant leur sensibilisation et leur capacité d'action;
- l'incorporation de la diversité
biologique dans tous les processus décisionnels importants.
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Exemple d'intégration concernant
l'Europe occidentale ou les PECO : la Pologne
La politique de développement durable
de la Pologne a été adoptée par le Parlement national en 1991. Au
chapitre de la diversité biologique, la stratégie de protection
des ressources naturelles vivantes a été élaborée également en 1991.
Les principaux objectifs de la stratégie nationale en matière de
biodiversité sont fondés sur une analyse systémique des menaces
qui pèsent sur le biote, sur les solutions de rechange à appliquer
dans le domaine des paysages agricoles, des forêts, des prairies,
des zones humides, des systèmes hydrologiques, ainsi que les activités
économiques du pays. L'évolution récente des principes écologiques
en matière de gestion des écosystèmes et des fonctions naturelles
du paysage a contribué à l'élaboration du projet de stratégie. Le
programme de mise en oeuvre de la stratégie est fondé, quant à lui,
sur les mesures d'extension du réseau écologique d'aires protégées,
élaboré depuis le début des années 80. Ce réseau comprend 20 parcs
nationaux, 69 parcs paysagers, plus de 1000 réserves et des aires
protégées de plus petites dimensions. Récemment, deux initiatives
très importantes pour la prise en compte de la protection de la
biodiversité dans l'activité économique ont été élaborées. La première,
intitulée "Les Poumons verts de Pologne", concerne le Nord-Est du
pays, soit une zone de 46 000 km2, où l'on a associé un programme
de protection de la biodiversité et des paysages à un ensemble d'activités
liées à l'agriculture organique, à l'écotourisme, aux loisirs et
à la promotion des activités artisanales traditionnelles. Un accord
visant l'extension internationale de ce projet a été signé par le
Belarus, la Lettonie, la Pologne, la Russie et l'Ukraine en mars
1992.
La deuxième initiative importante visant
la prise en compte de la conservation de la diversité biologique
et paysagère dans l'activité économique concerne le modèle de parc
paysager agro-écologique lancé en 1992. Sur une superficie de 16
000 hectares dans la région de Wielkopolska (Centre-Ouest de la
Pologne), le paysage agricole a été façonné par l'introduction au
siècle passé de ceintures de protection (coupe-vent). Ce patrimoine
naturel a été protégé dans la mesure où l'activité agricole a été
intégrée à la protection et à la gestion de la diversité biologique
et paysagère, par l'incorporation de mosaïques de paysage agricole
faites de petits champs, de ceintures de protection, de bandes de
prairies, de petits étangs dans les champs et de marais caractérisés
par une très grande diversité biologique (plus de 800 espèces végétales
et une faune très riche). Dans ce secteur où la production agricole
reste abondante, on est parvenu à préserver une très grande biodiversité,
à améliorer les conditions d'irrigation pour la production agricole
et une meilleure maîtrise des pollutions diffuses.
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DOMAINE D'ACTION
N 3 SENSIBILISATION
DES DÉCIDEURS ET DU PUBLIC ET
OBTENTION DE LEUR SOUTIEN
Les défis à relever :
Faire en sorte de donner aux mouvements associatifs et au public la possibilité
de jouer un rôle significatif en les informant au sujet de la diversité
biologique et paysagère et de sa relation avec la qualité socio-économique
de l'existence. Veiller à ce que ces considérations jouent un plus grand
rôle dans les processus décisionnels et y associer davantage le public.
Faire comprendre et accepter le fait que la conservation de la diversité
biologique et paysagère peut, dans certains cas, s'avérer incompatible
avec la croissance économique.
Les textes et les moyens à employer :
S'intéresser davantage à la nécessité de sensibiliser les Européens à
la responsabilité, individuelle et collective, qui est la leur dans la
lutte contre l'appauvrissement de la dégradation de la diversité biologique
et paysagère, dans le maintien de la diversité actuelle et, si possible,
dans le rétablissement la diversité perdue. Naturopa, le groupe de travail
sur les stratégies nationales en matière d'éducation environnementale
et de communication de l'UICN / UNESCO, CRE. Avec les changements politiques
et sociaux que connaît l'Europe et le rôle de plus en plus important de
la subsidiarité, les particuliers ont de plus en plus de possibilités
d'être associés aux processus de prise de décisions.
Les objectifs paneuropéens :
- 3.1
- Elaborer une campagne paneuropéenne de
sensibilisation à la diversité biologique et paysagère, en profitant
de l'impulsion donnée par l'Année Européenne 1995 de la Conservation
de la Nature du Conseil de l'Europe et en tirant parti de l'effet créé
par cette manifestation (1996-2000).
- Améliorer les réseaux d'échanges entre
les spécialistes de la communication et de l'éducation travaillant
sur le thème de la diversité biologique et paysagère dans les aires
protégées, dans le cadre d'initiatives locales, dans les musées,
dans les jardins botaniques, dans les zoos et dans les centres locaux
d'information. Veiller également à améliorer la présentation de
l'information aux médias, aux écoles et aux universités, aux responsables
des programmes de formation; organiser des campagnes publicitaires,
des expositions dans les musées, dans les écoles, dans les zoos,
dans les jardins botaniques; recourir aux techniques de l'information
(1998-2000).
- Imaginer des actions susceptibles
d'encourager et d'aider les gouvernements et autres intervenants
à élaborer ou à améliorer les stratégies nationales ou régionales
d'éducation ou de communication ayant trait aux aspects intersectoriels
de la biodiversité.
Dans le cadre de ces stratégies et en
fonction des modifications de comportements et de pratiques requises,
il conviendra de recenser les groupes-cibles clés et d'élaborer des
programmes à leur intention.
- 3.2
- Faire en sorte de donner au grand public
davantage de possibilités de prendre conscience de l'importance des
zones naturelles et paysagères de grande valeur.
Objectifs régionaux :
- 3.3
- Donner aux gens les moyens d'agir au niveau
régional et mettre en place des services d'information locaux en axant
les efforts en priorité sur les actions suivantes :
- Mettre en place un programme visant
à soutenir la création et l'activité de mouvements associatifs souhaitant
contribuer activement à la conservation de la diversité biologique
et paysagère des PECO dans les régions de la Plaine d'Europe du
Nord et de la mer Noire (1996-2000).
- Elaborer un plan d'action pour encourager
les programmes d'éducation destinés à favoriser une bonne gestion
de la diversité biologique et paysagère dans les pays où les modes
de gestion foncière sont en train de changer (1996-1998).
- Mettre sur pied un programme de formation,
d'éducation et de financement pour contribuer à la création et à
l'activité de mouvements associatifs souhaitant contribuer activement
à la conservation de la diversité biologique et paysagère dans la
région méditerranéenne (1997-2000).
DOMAINE D'ACTION
N 4 CONSERVATION
DES PAYSAGES
Les défis à relever :
Enrayer la dégradation des paysages en Europe et du patrimoine culturel
et géologique qu'ils représentent. Préserver leur beauté et leur identité.
Faire en sorte, ce qui n'est pas le cas actuellement, que l'on ait une
vision d'ensemble des paysages et qu'on les envisage comme constituant
une mosaïque unique de caractéristiques culturelles, naturelles et géologiques;
faire en sorte également que le public et la classe politique soient davantage
sensibilisés et que les paysages soient mieux protégés dans toute l'Europe.
Les textes et les moyens à employer :
S'engager, d'un point de vue culturel et social, à préserver l'individualité
locale et régionale telle qu'elle s'exprime à travers les caractéristiques
du patrimoine culturel et géologique que sont les paysages. Il existe
de multiples possibilités de restaurer, par le biais des politiques et
des mesures existantes, un grand nombre de ces caractéristiques, comme
les champs et les paysages traditionnels. La participation du public et
des propriétaires privés et les partenariats que l'on peut établir avec
eux constituent autant d'occasions immédiates d'oeuvrer à la conservation
des paysages, ainsi que du patrimoine culturel et géologique. On pourra
se fonder également sur le Traité de Maastricht (Articles 92 (3) et 128),
le projet de Recommandation du Conseil de l'Europe sur la conservation
intégrée des paysages culturels dans le cadre des politiques paysagères,
le projet de Charte du paysage du Conseil de l'Europe, la Convention européenne
pour la protection du patrimoine archéologique, la Convention pour la
sauvegarde du patrimoine architectural du Conseil de l'Europe, la Charte
du paysage méditerranéen, l'initiative Parks for Life: Action Plan for
protected areas in Europe de l'UICN, les outils d'aménagement du territoire,
la Déclaration de Digne (ProGeo).
Les objectifs paneuropéens :
- 4.1
- Constituer un guide de référence exhaustif
sur la diversité biologique et paysagère européenne afin de préciser
et faire accepter les critères qui devront présider à la conservation
des caractéristiques paysagères géologiques et culturelles; recenser
les paysages et sites géologiques d'importance paneuropéenne qui sont
menacés; définir les mécanismes les plus aptes à assurer leur conservation;
définir les modes traditionnels d'agriculture et de gestion du paysage;
évaluer les effets de la marginalisation des terres ou de l'intensification
des modes d'exploitation agricole sur le paysage (1996-1997).
- 4.2
- Puis, au terme de cette évaluation, dresser
une liste de lignes directrices relatives aux politiques, aux programmes
et aux législations complémentaires et se renforçant mutuellement, de
nature à assurer la protection du patrimoine culturel, du patrimoine
géologique et de la diversité biologique; faire en sorte d'exploiter
toutes les possibilités en matière de conservation du paysage (1996-2000).
On mettra l'accent en particulier sur les différentes options qui existent
pour :
- Encourager les pays à adopter et à
mettre en oeuvre des initiatives dans le cadre du projet de Recommandation
du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe destinée à promouvoir
la conservation des zones du paysage culturel dans le cadre des
politiques paysagères (CDCC-BU (95) 7) (1996-1998).
- Elaborer des mécanismes susceptibles
de promouvoir la contribution des dispositifs internationaux existant
en matière d'aires protégées en Europe, dont les Sites du patrimoine
mondial, les Réserves de la Biosphère et les Sites diplômés européens,
à la conservation des paysages et des caractéristiques géologiques
(1996-2000).
- 4.3
- Elaborer un Code de conduite afin que
les propriétaires publics ou privés contribuent, eux aussi, à faire
comprendre le rôle de la biodiversité des paysages traditionnellement
appréciés et gérés pour leur importance historique et culturelle, en
mettant l'accent sur les domaines boisés et sur les bâtiments historiques
(1996-1998).
- 4.4
- Dresser un plan d'action en utilisant
des techniques de sensibilisation, des lignes directrices et des modèles
de démonstration pour sauvegarder les caractéristiques géologiques du
paysage, donner aux propriétaires et aux secteurs de l'énergie, de l'industrie
et de la gestion de l'eau la possibilité de prendre une part active
à leur conservation (1996-1998).
- 4.5
- Etudier en profondeur les relations qui
existent entre paysage traditionnel et économie régionale. Mettre en
place un cadre de travail qui permettra de stimuler les initiatives
en faveur d'un développement régional guidé par la nécessité de préserver
la diversité paysagère, comme celles qui concernent l'écotourisme et
les arts et métiers traditionnels. Trouver des exemples d'études de
cas réussies et mettre en place des programmes d'échanges d'information
entre spécialistes (1996-2000).
DOMAINE D'ACTION
N 5 LES ÉCOSYSTÈMES CÔTIERS
ET MARINS
Les défis à relever :
Pertes directes dues à la mise en valeur et à l'occupation des zones littorales
à des fins industrielles, touristiques et résidentielles, récupération
des terres, barrages et digues, génie côtier, pollution, destruction et
surexploitation des systèmes benthiques par la pêche industrielle, destruction
des systèmes sédimentaires par l'exploitation minière et la production
d'eau potable, troubles liés aux activités de loisir.
Les textes et les moyens à employer :
Discussions en cours sur la Politique commune de la pêche au sein de l'UE
dans un contexte paneuropéen, IFDP de l'UE, la Convention des Nations
Unies sur le droit de la mer, les Conventions de Paris et d'Oslo, la Convention
MARPOL, la Convention sur le Climat, la Convention d'Helsinki, la Convention
de Barcelone, la Convention sur la mer Noire et la Convention de Ramsar.
Parmi les autres initiatives internationales en faveur de l'environnement
côtier, mentionnons la Résolution sur la protection des zones littorales
(Conseil de l'Europe, 1973) la Charte européenne des côtes (CPMR, 1981),
la Recommandation du Conseil de l'Europe sur les marais salants et les
dunes côtières (1985), la Déclaration de Nicosie en matière de coopération
euro-méditerranéenne dans le domaine de l'environnement, la Convention
sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et
les lacs, les |